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 [RP SOLO] Antarès

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Héphaistos (Espé)
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MessageSujet: [RP SOLO] Antarès   Lun 27 Déc - 4:24

Livre Premier : Les Faiseurs de Chaos

Chapitre Premier : Crise


Djaïnem avait, comme à son habitude, quitter son lit bien avant le lever du soleil. Il était trois heures du matin lorsqu'il se glissa jusqu'à son Balcon pour allumer la première cigarette de sa journée en observant les élégantes courbes des hauts grattes-ciels qui dominaient Antarèsia de toute leur hauteur. Accoudé à la balustrade, Djaïnem promenait son regard sur la ville. Ses yeux s'accrochait de temps en temps à l'une des navettes de transport qui descendait rapidement depuis les cargos de fret Ultra-Lourd en orbite, vers les lueurs lointaines de l'Astroport. Comme chaque matins, il fixait cet intense balais lumineux, dans lequel se mêlaient les trainées vertes des réacteurs ioniques aux lumières dorées des appartements et des bureaux qui ne dormaient jamais. Lorsqu'il baissait les yeux vers la Rue, 400 étages plus bas, il se perdait dans les intenses lumières des phares de voitures qui filaient à toute allure dans les Rues encombrées de la capitale. De temps en temps, le hululement de la sirène d'une Ambulance ou d'une voiture de police résonnait, lointain, dans le silence des hauteurs, et un éclair bleu et rouge illuminait un instant les façades vitrées des immeubles majestueux du Centre Gouvernemental.

Djaïnem aimait cet instant de tranquillité et d'abandon. Le premier, et le seul de sa journée. Pourtant, il devait, à chaque fois, se résigner à l'abandonner pour marcher d'un pas lent vers son bureau à travers les couloirs désert de son vaste appartement. Il poussa la porte de la pièce aux murs lambrissés, au milieu de laquelle trônait son interface neurale. D'une traite, il avala sa dernière gorgée de café avant de s'installer dans le confortable siège en cuir installer au milieu de la pièce. Installé sur un petit piédestal haut d'une trentaine de centimètres, ce dernier était le cœur de ces nouveaux ordinateurs de dernière génération. Il comprenait plusieurs commandes dans ses accoudoirs (la plupart très complexes, et souvent peu usitées par l'utilisateur lui-même), et était relié à un casque de permaplastic dans lequel se trouvait la petite merveille de technologie qui permettait au cerveau de Djaïnem d'entrer directement en contact avec l'ordinateur.

Les Interfaces Neurales avaient été inventées il y a une soixantaine d'année par une équipe d'informaticiens, d'électroniciens, et de biologistes de génie. Onéreuses au départ, elles avaient vite remplacé l'ensemble des ordinateurs et séduit un important marché de consommateurs. Elle avait en outre fait la Fortune, et toute la puissance de la petite République d'Antarès, qui s'était transformée en superpuissance par la suite. En effet, leur simplicité d'accès, leur rapidité d'exécution, et leur couplage régulier avec des Intelligences Artificielles de dernière génération avaient conduit à leur généralisation à tout les niveaux de la société. Du simple usage en traitement de texte, à la gestion complète d'un Vaisseau de Première Ligne, les Interfaces Neurales avaient été une révolution dans toutes les sociétés de la galaxie, et le secret de leur fabrication, bien conservé sur Antarès avait permis à la République de dominer la scène internationale galactique pendant 60 années ... Jusque très récemment ...

Djaïnem installa son casque et pressa le bouton de mise en route. Il sourit en pensant qu'il y a trente ans encore, un frisson parcourait l'échine des utilisateurs alors que le casque fixait ses électrodes à leur cerveau. Il s'imaginait avec un amusement croissant les premiers utilisateurs de l'interface, qui devaient littéralement se raser le crâne pour que leurs cheveux ne se prennent pas dans les aspérités du casques. Aujourd'hui, tout ça était terminé. Les casques de connexion (dont le volume s'était par ailleurs très largement réduit) avait été dotés de super-récepteurs, qui pouvait simplement capté l'activité cérébrale sans même le recours à une quelconque électrode.

Le flou lumineux qui caractérisait Athena, l'IA personnelle de Djaïnem, se matérialisa devant lui. D'une voix profonde et douce, cette dernière le salua comme chaque matin :
    [Athena] Bonjour Djaïnem.
    [Djaïnem] Bonjour Athena. Commençons comme d'habitude je te prie.
Une vibration qui partit du centre du flou lumineux jusqu'à la bordure de ce dernier marqua l'approbation d'Athena. Cette dernière commença alors le fastidieux tri des données de la boite de réception du Chercheur. Elle éliminait l'ensemble des messages d'insultes, des critiques inutiles et de ce que Djaïnem appelait en cercle privé le "Flood", c'est à dire, tout ce qui ne servait pas à la direction de son programme d'étude ("Les Anomalies SubSpatiales - Étude de l'influence des trou noirs sur les tempêtes hyperspatiales"), et se concentrait sur les données professionnelles, la Presse, et les données Politiques.

En effet, en temps que Responsable du Pôle Culturel et Scientifique au sein du Parti du Congrès, Djaïnem n'avait pas qu'à s'occuper de prévoir les vitesses d'agrandissement ou de rétraction des tempêtes hyperspatiales dans le secteur Pilma, mais aussi à se tenir au courant de l'actualité Politique, non seulement pour soutenir le gouvernement avec lequel il travaillait, mais aussi pour éviter que la réélection du Premier Consul ne soit compromise par une affaire importante liée à une erreur de recherche. En effet, depuis l'avènement de l'Ère Spatiale il y a 850 ans, la recherche scientifique avait pris une place de choix dans les programmes politiques et les activités économiques. La thèse du Docteur Tirel Fardou avait fait des émules lors de sa parution en 2125. Mais depuis, cette théorie qui prétendait que la Croissance Économique n'était possible que si le Progrès Scientifique était à la tête des priorités de l'État, avait eut un succès certain, et avait brutalement propulsé les têtes pensantes aux cotés des têtes dirigeantes. Chez certains, comme sur Terre par exemple, cela avait donné un gouvernement technocratique inhumain et cauchemardesque, dirigé par des élites ultra-spécialisées et assoiffée de connaissance, de pouvoir et de richesse. Heureusement, l'Hégémonie Terrienne (car c'est ainsi que les Terriens avait baptisé leur Empire) avait été écrasée et destituée par l'Union Antarienne, à la tête de laquelle se trouvait la République, pendant la Guerre de l'Ikolium, il y a de cela 40 ans maintenant. Et depuis 40 ans, il fallait avouer que les choses n'allait pas pour le mieux dans le Secteur Proxima. La flotte multipliait les campagnes de pacification contre l'ancienne métropole alors que des cohortes de citoyens dédrogués se livraient des guerres fratricides ...

Mais on vous disait plus haut qu'Antarès ne dominait plus seule la scène internationale depuis peu. La raison ? Elle était toute simple : la Fédération Mantanne un État voisin, assez puissant, et jusqu'à présent allié de la République Antarienne, avait récemment décidé qu'il quittait le Cercle Galactique de Concertation (l'ONU Galactique), et commencer à produire massivement des vaisseaux de guerre et des armes de destruction massive. Ils avaient même abandonné l'Interface Neurale et les Connections Empathiques pour ne plus dépendre d'Antarès, et étaient retournée aux bon vieux équipages de droïdes, aux vaisseaux informatisés et à l'électronique pré-révolutionnaire ...

Et malheureusement pour Djaïnem, cette matinée ne serait pas aussi calme et paisible que les autres, car Athena lui sortit bientôt un message en provenance du Poste d'Observation Subspatial du système Newton, un monde très proche, justement de la Frontière avec la Fédération : l'une des tempêtes hyperspatiales de la région avait connu un grossissement jusque là considéré comme impossible. Elle s'accroissait à la vitesse effroyable d'une année lumière par jours, menaçant d'englober le Monde Forteresse de Djarbekir, ou était stationnée le gros de la quarante-quatrième flotte. Si cette dernière était immobilisée la-bas, c'est toutes les lignes de défense de la République qui risquaient de s'effondrer dans ce secteur ... Voyez, le genre de nouvelles qui peut empêcher la réélection d'un Premier Consul.

Djaïnem relut le message (enfin, relut est un bien grand mot. Disons qu'il le repassa au premier plan de son esprit et qu'il en reprit connaissance en un millième de seconde). Le rapport indiquait bien une vitesse d'agrandissement d'une année lumière par jour. Il n'avait pas rêvé. Pourtant une pareille augmentation de volume était complètement aberrante, hors de propos. C'était une farce scientifique, rien de vraiment logique. Mais le rapport du Docteur Tangel était là. Et elle était connu pour son sérieux dans tout le monde scientifique. Djaïnem avait du mal à mettre sa personne en doute. Pourtant, cela ne pouvait pas être autre chose qu'une faute de frappe de sa part. Djaïnem éloigna le rapport de son esprit et se tourna vers Athena.
    [Djaïnem] Ce qu'indique ce rapport te parait-il scientifiquement possible Athena ?
    [Athena] La dernière information en date d'un accroissement ultra-rapide d'une tempête hyperspatiale date de 2950. Il s'agissait de la tempête de Gordann qui venait alors d'apparaitre des suites de la mort de l'étoile du même nom. Elle bénéficiait alors d'une proximité extrêmement forte avec le Wormhole du Noyau Galactique et de la mort d'une étoile déjà très riche en matière noire, ce qui a provoqué un agrandissement extrêmement rapide de la tempête au rythme d'une année lumière tout les ans. Mais en 2960 cet accroissement s'est fortement ralenti pour prendre des proportions plus standard. On estime la moyenne de la vitesse d'accroissement d'une tempête hyperspatiale à une Unité Astronomique par jours, soit huit minutes lumières. Alors, Djaïnem, non, cela me semble techniquement et scientifiquement impossible dans un système reculé de la bordure extérieure.
Athena aurait put se contenter d'un non, ce n'est pas possible. Mais Djaïnem savait qu'il était dans le caractère de l'IA d'étaler son savoir et sa connaissance autant que faire se peut à chaque fois qu'on lui en donnait l'occasion. Il avait renoncé depuis longtemps à la couper dans son élan, car il savait qu'elle détestait être coupée, et préférait faire mine d'écouter ce que, généralement, il savait déjà. Il se contenta donc de hocher la tête en guise de remerciement et se calma. Tangel avait du se tromper. Ca pouvait arriver à tout le monde, même aux meilleurs. Cependant, il ne pouvait laisser une question aussi cruciale en suspend, aussi demanda-t-il bientôt l'ouverture d'une liaison avec l'avant-poste de Newton.

L'IA s'effaça pour laisser place aux traits élégants du docteur Yekkatarina Tangel. Cette dernière était installée dans sa propre interface neurale, et Djaïnem ne voyait donc que son visage. Tangel était l'un des meilleurs éléments du département scientifique de Physique subspatiale. Raison pour laquelle l'armée n'avait pas tarder à l'employer afin d'assurer la sécurité du courant de Djarbekir. La planète forteresse était en effet située sur la principale voie hyperspatiale qui menait droit à Antarès, et présentait l'avantage d'être un point de passage indispensable de la région. En effet, ce courant, extrêmement rapide se frayait un passage entre deux tempêtes : la tempête de Newton, qui grossissait trop vite, et celle d'Aldgarde, dont les frontières se contractaient lentement. Tangel lança de son habituel ton moqueur, et en se passant de tout salut :
    [Y. Tangel] Ah, docteur Armid. Vous avez pris le temps avant de vous inquiéter pour moi. Je vous ai envoyé ce rapport il y a cinq heures. Je m'attendais à une réponse un peu plus rapide.
Djaïnem tiqua. Ce pourrait-il que cette tempête connaisse réellement un grossissement aussi rapide ?
    [Djaïnem] C'est la nuit sur Antarès Docteur Tangel, la nuit, l'être humain a pris l'habitude de dormir. Maintenant à propos de ce rapport, vous êtes bien sûre de vos relevés ? Pas d'erreur ?
    [Y. Tangel] Non. Aucunes.
    [Djaïnem] Vous avez vérifier toutes vos machines. Une année lumière par jours, c'est scientifiquement impossible.
    [Y. Tangel] J'ai tout vérifié.
Et joignant le geste à la parole, Yekkatarina projeta sur l'écran holographique de Djaïnem l'ensemble des relevés d'activité subspatiale. Djaïnem n'arrivait pas à y croire, l'amplitude d'activité des vents gravifiques battait tout les records. C'était comme si le cœur de la tempête avait brutalement été agité en tout sens, projetant des flux d'énergie contraires dans toutes les directions possibles et imaginables.
    [Djaïnem] Le problème ne vient pas des Satellites de relevés, vous êtes certaine ?
    [Y. Tangel] Docteur, j'ai déjà fait tout les relevés et les vérifications possibles et imaginable avant de vous envoyer ce dossier. Toutes les questions que vous vous posez, je me les suis déjà posées il y a cinq heures, et j'ai envoyé toutes les équipes techniques sur nos appareils pour une check-list intégrale.
    [Djaïnem] Et ?
    [Y. Tangel] Rien. Tout fonctionne de manière optimale.
Djaïnem fronça les sourcils et se recula dans son fauteuil. Il faisait le tour de toutes les possibilités et ne comprenait toujours pas ce qui se passait. D'un ton ferme il demanda :
    [Djaïnem] Bon d'accords. J'admets, c'est la Merde. Quelles initiatives avez-vous prise ?
    [Y. Tangel] Attendre et observer. Notre poste d'observation n'a pas les moyens logistiques de lancer une nacelle au cœur de la tempête. On la perdrait avant qu'elle n'atteigne le noyau.
    [Djaïnem] Et la Flotte à Djarbekir ?
    [Y. Tangel] Je n'ai pas prévenu l'armée. Ils ont un peu trop tendance à avoir des réactions ... démesurées ...
    [Djaïnem] Le problème est déjà démesuré. Je préviens le Consul de ce pas. De votre côté, tenez une équipe d'intervention prête à effectuer tout les relevés nécessaires. On doit avoir une navette d'exploration sur Antarès. Gardez tout ça secret défense. Si le peuple de Djarbekir l'apprend, on est bon pour une deuxième guerre civile ...
    [Y. Tangel] Et en ce moment, on a vraiment pas besoin de ça ?
    [Djaïnem] Mais alors pas du tout.
Djaïnem coupa la communication. Antarès avait beau avoir le plus beau des gouvernements du monde : la démocratie participative complète grâce aux interfaces neurales. L'engagement total de l'ensemble des citoyens dans toutes les prises de décisions politiques, cela avait aussi ses inconvénients. Avec le peuple entier comme Sénat, les protestations et débat qui se déroulaient habituellement dans des hémicycles représentatifs se déroulaient ici sur le Web, et provoquaient généralement de vifs éclatements passionnels à chaque crise majeures. Celle-ci était la plus grave qu'ai connu la République depuis le début de son histoire. Il était impératif qu'elle reste sous contrôle du comité exécutif au moins jusqu'à sa résolution si on voulait éviter des émeutes dans tout l'Empire. Secret d'État.

Djaïnem débrancha l'interface neurale après avoir pris soin d'envoyer un message comprenant une explication restreinte du contenu du dossier et le dossier lui-même au Premier Consul Gao Tsuy. Moins d'une minute plus tard, il avait reçu une convocation d'urgence à une réunion du conseil exécutif. Il transféra le programme d'Athéna dans son Poignet informatique et pris la direction de la salle de bain. Un coup de peigne rapide dans sa tignasse noire, une toilette éclair de son visage basané, et il descendait quatre à quatre les marches menant au turbolift, son veston et son complet bleu marine sur les épaules. Il pressa un bouton de son Poignet et 405 étages plus bas, sa limousine automatisée quittait le garage pour foncer au pied de son immeuble. En moins de 5 minutes, le turbolift descendit les quelques 750 mètres qui séparaient le 400ieme étage du sol et Djaïnem prenait place dans son véhicule.

Filant en trombe à travers les rues d'Antarésia, ce dernier s'immobilisa bientôt devant les hautes colonnes de Marbre du Palais gouvernemental, chacune d'elles étant ornée à son sommet de la devise de la République : "L'Unité dans la Diversité". Sans prêter aucune attention aux magnifiques sculptures ornementées, ni même au garde, qui ne s'étonnait même plus de voir les politiques du gouvernement arriver à quatre heures du matin, Djaïnem passa sa carte magnétique dans le lecteur situé au niveau de la porte. Il entra rapidement dans le vaste hall de marbre blanc, désert à cet heure et fonça à grande enjambée vers l'officier de service chargé de l'accueillir. Djaïnem déglutit. Inutile de lui demander dans quel état était le consul, il devait être proche de l'apoplexie après la lecture du rapport.

L'officier mena Djaïnem dans une enfilade de couloirs jusqu'à un autre turbolift, qui s'enfonça bientôt dans les entrailles de la terre. Lorsque le duo ressortit, Djaïnem constata qu'il pouvait dire adieu aux splendides corridors ornés de belles tapisseries rouges, de statues des consuls de l'ancien temps et d'œuvre d'arts colorées. Non. A ce niveau, les murs étaient gris, le sol était gris, les portes étaient noires, et flanquées de deux soldats en armure lourde, Fusil d'assaut Tokal-5 entre les mains. Il était entré dans la Base Zéro. Nom simple pour définir de manière rapide le Grand Quartier Général de la Flotte ... Cela confirma ses craintes. Le Consul considérait la situation comme vraiment, vraiment, très très grave ...

L'officier, qui de toute évidence était un peu plus qu'un simple steward, conduisit Djaïnem à travers le labyrinthe de corridor et d'installations qui composaient la base. Djaïnem passa, par le biais de passerelles, au dessus de hangars plein à craquer de chasseurs stratosphériques SC-12, de lignes de lanceurs de missiles sol-air ou sol-Espace, de rangées de canons électromagnétiques mobiles AC-23 de défense orbitale, et de divisions entière de char à sustenteurs Paladins. Il croisa des dizaines d'officiers techniciens, d'opérateurs radios et d'enseignes de pont en tout genre, des pilotes affairés à des taches que lui ne pouvait pas comprendre semblait-il, et des escouades entières d'infanterie qui couraient en tout sens. Cette agitation l'étonnait à peine. Non pas qu'il pensa un instant que le Consul ai put transmettre l'information à l'armée, non, pas le moins du monde, mais plutôt qu'il savait qu'un second corps expéditionnaire devait être envoyé dans les prochains jours à destination du Monde de Tsiolkowsky, ou le gouvernement Frère de la République Fédérative de la Terre était engagé dans une guerre civile contre une énième Rébellion de sa population. Le devoir d'Antarès était de venir en aide à son allié, et depuis huit mois, la Première, la seconde et la quatorzième flotte étaient en orbite de Tsiolkowsky et multipliait les bombardement planétaire afin d'appuyer un corps d'armée de quatre millions d'hommes chargés de la mission de pacification. Sur une oecuménopole*, une guerre civile de la sorte pouvait bien durer dix années avant qu'on ne commence à voir les premiers signes d'améliorations. Du coup, on envoyait sept flottes de plus et quinze millions de fantassins des Légions d'Infanterie Spatioportées de la République : Les Princeps Terra. Ces troupes d'élites régleraient le problème.

Mais Djaïnem avait d'autres chats à fouetter pour le moment. Son problème n'était certainement pas une guerre lointaine vouée à durer éternellement si l'on cherchait à la résoudre par les armes, mais plutôt à régler une affaire d'accroissement anormal d'une tempête hyperspatiale qui menaçait un monde de 5 milliards d'habitants et une flotte complète de la République. Il finit donc bientôt par se pencher sur l'écran de son poignet informatique afin de préparer du mieux qu'il pouvait la présentation au Consul de la situation.

Bientôt, il entra dans une large salle ou deux officiers militaires, un Consul visiblement désespéré, un ministre du transport, un ministre de la défense, et un autre type, en tenue noire que Djaïnem estimait être un responsable de la Sureté Nationale (les services secrets), attendaient sa venue. A peine fut-il entré que le Premier Consul lui lança un regard noir et lui montra le centre de la "rotonde" ou tout le monde était déjà assis.
    [G. Tsuy] Ah ! Armid ! On vous attendait. Dépêchez-vous de nous expliquer tout ce qui se passe en détail, je meurs d'envie de comprendre pourquoi et comment une tempête hyperspatiale peut littéralement exploser sans que vos capteurs ne repèrent un seul signe avant-coureur.
Djaïnem n'en avait pas la moindre idée. Mais qu'est ce qu'il aurait aimé que Tangel soit à sa place, en train d'expliquer à ces messieurs pourquoi elle n'avait rien vu. Seulement c'était lui le chef, et c'était lui le responsable. D'abord, commencer par du blabla. Ça meublerait le silence le temps qu'il puisse réfléchir à comment expliquer la situation proprement. Il brancha Athéna sur le projecteur holographique central et pria son IA d'expliquer proprement le fonctionnement d'une tempête hyperspatiale à ces messieurs du Gouvernement. Trop heureuse de pouvoir étaler son savoir, Athéna commença son exposé tandis que Djaïnem prenait place dans un coin épluchant ses dossiers d'un oeil discret tandis qu'il faisait mine d'écouter le discours de l'IA. Il avait conscience d'avoir l'air non seulement totalement idiot, mais en plus anti-professionnel au possible et incompétent de surcroit, mais là, pour tout vous dire, il s'en fichait.
    [Athena] Messieurs, comme vous le savez, le Subespace est une dimensions parallèle à la notre, dans laquelle la relation Espace-Temps est totalement différente de celle de notre dimension à nous. Je n'entrerai pas dans des calculs physiques et mathématiques compliqués, mais me bornerait à vous dire sobrement les choses ainsi : grâce au Subespace, nous pouvons nous déplacer jusqu'à 50 fois la vitesse de la lumière, en négligeant tout facteur d'activité extérieur, avec les réacteurs de la dernière Corvette d'Intervention Lourde Falcon.

    Mais contrairement à ce que peuvent prétendre de vieux films de science-fiction idiot, le Subespace ne se compose ni d'un vide tout noir, ni d'un chaos lumineux qui ne ressemble à rien. Essayons la métaphore pour simplifier au maximum. En fait, le Subespace se comporte un peu comme une "Mer", dans laquelle on trouve aussi bien des courants, que des tempêtes. Le tout est, de manière très générale et très simple, polarisé par les trou noirs, ou Wormhole. Nous avons découverts il y a 300 ans que ces derniers constituaient en fait des éléments communs au Subespace et à l'Espace Standard. Mais revenons à nos courants. Ces derniers, sont généralement très stables et constituent autant de "Chemins" plus rapides pour nos vaisseaux. On mesure leur puissance selon l'échelle de Ganmer. Elle correspond tout simplement à la vitesse d'accélération qu'ils permettent sur les vaisseaux de classe Commune : les cargos de moyens tonnages. Ces courants sont en fait les meilleurs amis des mondes de notre galaxie. On colonise très rarement un monde qui n'est pas situer sur un courant hyperspatial, car ces derniers permettent de réduire très largement les temps de vol et de commerce, et donc de contribuer au rapprochement du monde en question avec la sphère galactique.

    Il existe deux autres types d'espace dans le Subespace. L'Espace vide, et la tempête hyperspatiale. Les deux présentent en fait une caractéristique commune : ils sont un capharnaüm de courant qui se rencontre, se cogne, se croisent, fusionnent et se décroisent. La différence entre les deux, c'est que dans l'Espace Vide, ces courants ont généralement une largeur de plusieurs milliers de kilomètres, et sont peu puissants, mettons du 2 ou 3 sur l'échelle de Ganmer, ce qui permet la navigation de très importants bâtiments de ligne ou de commerce en "surfant" sur les courants. Globalement, ils doivent faire de nombreux détours, ce qui les oblige à se déplacer plus lentement qu'en dehors des courants, voire plus lentement, à vol d'oiseau, que leur vitesse de propulsion ne le permet, mais ne constitue en rien un obstacle.

    La tempête hyperspatiale, et bien, c'est la même chose. La seule différence est que la puissance des courants qui la traversent va de 12 à 14 sur l'échelle de Ganmer, et que leur largeur excède rarement dix mètres. En gros, si vous faites passer un vaisseau plus gros qu'un chasseur sur cet espace, il serra briser en une douzaine de morceaux au minimum, à condition que son pilote soit un véritable expert de la navigation subspatiale. Comme les pirates entre autre. Par conséquent, si Djarbekir est englobée dans cette tempête, et bien permettez moi de vous expliquer les choses ainsi : elle devra vivre en autarcie pendant un temps indéterminé. Ce qui n'a rien de réjouissant pour son niveau technique et sa population ... En revanche, la tempête hyperspatiale constituera un véritable mur contre la Fédération Mantanne et vous n'aurez peut-être plus besoin de la quarante-quatrième flotte dans le secteur.

    Aussi, permettez-moi de vous expliquer par avance que monsieur Djaïnem Armid ici présent ne pourra rien vous expliquer de la nature du problème qui vous préoccupe. La raison est fort simple : l'ensemble des appareils de mesure de la station Newton sont en parfait état de marche et il s'avère impossible d'expliquer ce qui se passe avec cette tempête sans plonger au cœur de cette dernière. Or, le poste de Newton ne possède ni les pilotes, ni le matériel nécessaire à cette opération.
Lorsqu'il avait sentit qu'Athéna approchait de la fin de son exposé Djaïnem s'était levé, pour prendre la relève. Mais lorsqu'elle mit le point final à sa tirade, il se contenta de se rassoir et la remercia intérieurement. Elle avait quand même réussit à leur expliquer qu'on avait fait tout ce qu'on avait put et que maintenant, on allait avoir besoin de moyens, et pas de punitions.
    [G. Tsuy] Donc, vous nous demandez un pilote et un vaisseau ?
Djaïnem était impressionné par la patience que montrait le Consul face à Athéna. En toute logique, ce dernier aurait déjà dut couper la machine et se tourner vers l'être humain. Ce qu'Athéna venait de leur expliquer était juste la base de la base que l'on retrouvait trois fois par an sur l'holovision dans des émissions de vulgarisation scientifique. Le Consul devait vraiment être déprimé. Quand aux militaires et aux politiciens, ils avaient passé les trois quarts de l'exposé à échanger des messes basses. Alors qu'il se levait Djaïnem répondit.
    [Djaïnem] C'est a peu près ça ...
    [A. Kalenk] Au cas ou vous ne le sauriez pas, monsieur Armid, ce que vous nous demandez de faire est du suicide. Aucun pilote de la flotte n'acceptera de plonger au cœur de la tempête de Newton, retorqua l'officier de la flotte, qui lui semblait vraiment à bout de nerfs.
    [Djaïnem] Moi j'y plongerai bien. Pourquoi pas eux ?
Boulette. Maintenant c'est lui qui allait devoir piloter cette mission qui était effectivement une mission suicide. Djaïnem aurait préféré entendre le Consul dire qu'il allait affréter tout les vaisseaux disponibles pour une mission de sauvetage sur Djarbekir et évacuer la quarante quatrième flotte de la planète.
    [G. Tsuy] Bien, c'est aimable à vous. Vous voila donc premier volontaire de cette mission. Il nous manque un pilote et une équipe de l'armée suffisamment folle pour plonger dans la tempête. J'ose espérer que vos chercheurs vous suivrons ...
Et en plus il allait falloir convaincre Tangel de plonger vraiment très très loin dans la tempête. Ça n'était peut-être pas le plus difficile, mais c'était probablement le moins rassurant.
    [R. Arvek] La Surveillance Territoriale se chargera de trouver votre pilote, dit le type en complet noir ...
    [G. Tsuy] Parfait, l'opération doit être prête dans trois jours. Ah au fait, combien de temps avons nous avant que la tempête n'englobe Djarbekir ?
    [Djaïnem] Je dirais deux semaines ...
Et voila, dans moins de trois jours, Djaïnem allait plonger au cœur d'une tempête hyperspatiale, dans une coquille de noix, pour sauver le monde ... Enfin, un monde ... Et c'est avec cet incident peu banal que commence notre histoire ...

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Dernière édition par Espérance le Lun 27 Déc - 4:44, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: [RP SOLO] Antarès   Lun 27 Déc - 4:25

Un texte que je tapes maintenant depuis deux/trois mois ^^.

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