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 [New Tokyo] - Palais de l'Aurore (Assemblée).

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Amian Ae Saster
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MessageSujet: [New Tokyo] - Palais de l'Aurore (Assemblée).   Mar 26 Avr - 23:11

Une petite fête en comité restreint fut célébrée en l’honneur de la désormais aura nationale de l’UDEA, sous jacente à l’élection d’Amian.
L’objectif suivant était évident au premier abord, faire élire Li Wei à la prochaine vague d’élection, qui, comme celles des sénateurs se divisaient en tiers . On aurait deux ans à attendre pour ceci.. Et des tas de mairies à gagner ailleurs. Ce qui rendait moins limpide le raisonnement d’avenir.
Divers amis du mouvement et militants furent conviés pour une réception plus officielle, en trois fois ; aux Sabres Déchus, au Cosmopolitain, et dans une grande salle de Nouvelle Séoul ; on compta environ cinq cents invités à ces réceptions là, bien loin des trente six présents le soir de l’élection, aux Sabres Déchus. Les cadres du début. Quasiment tout ceux qui étaient présents lors des premières prises de parole de l’orateur inconnu d’alors.
Ce fut assez intimiste, mais personne n’en demandait plus. L’heure était au bilan, le groupe avait quand même sur de nombreux points transfiguré ses qualités, amélioré son image, et surtout, était devenu banal et identifié dans l’œil d’une bonne part de la population en âge de voter.

On demanda à tous un avis sur la stratégie que devrait appliquer le parti dans la paire d’années qui arrivaient. Plusieurs choix s’opposaient.
Une démocratisation géographique, avec ouverture de « succursales » dans diverses autres villes, l’optique étant là, de créer des noyaux durs, afin de gagner plusieurs sièges aux prochaines élections législatives.
On comptait aussi s’attaquer aux Mairies, désigner plusieurs villes où les gens étaient globalement insatisfaits et où le potentiel réel économique comme politique était crédible.
Le dernier choix, plus simpliste et moins réaliste était de tout miser sur un nombre très restreint de députés d’autres partis, et de compter sur leur conversion pour établir une base stable à l’assemblée, et rompre l’isolement d’Amian.
Les arguments et les défenseurs de cette option ne manquaient pas. On pourrait choisir une cible déjà élue, lui proposer un rôle prépondérant dans le parti, des responsabilités réelles. Mais on devrait donc composer avec d’ex traîtres. Et on sait, que comme on ne change jamais de sexe, on ne change jamais d’âme.
Les réponses allaient être données par le responsable de la liaison, Alusi Orlv, un Taikonaute (issu de la planète Taikon).

Quel art que celui du rasage. Même au réveil d’une soirée difficile, il est primordial pour n’importe quel homme moderne. Si certains préfèrent garder des joues d’enfants, d’autres cultivent une barbe savamment taillée et disciplinée donnant plus de caractère et de symétrie à un visage. On pourrait écrire des livres à ce sujet, et devinez quoi, il en existe déjà des tas. Seulement, ce matin Amian, après avoir passé la soirée à boire en l’honneur de tout ses amis, et surtout en l’honneur de sa nouvelle tâche avait comme qui dirait une barre au front.

Sous la douche déjà, il s’était appuyé contre le carreau blanc et impersonnel, le jet d’eau chaude sur sa nuque ne l’avait pas réellement rasséréné cette fois. Alors, pivotant légerement, il s’était tenu face à son miroir, toujours sous le jet d’eau. Un visage propre, une longue application de mousse sur les joues, et l’arme arrive. Au fil du rasoir passent les poils, comme au fil de l’épée passaient les hérétiques. Ce rasage est clef car aujourd’hui, le Palais attends Amian. Appelé comme tout les néo députés, ou plus souvent, les réélus à se présenter dans quelques heures au centre de New Tokyo, il sait que ce rasage sera la première impression que garderont les autres députés, s’il est raté. Mais encore une fois, il sera réussit, et Amian, après un dur choix du parfum à s’appliquer parvient –non sans mal- à prendre une place dans le Tramway antigrav’, car, comme tout homme moderne, il pense à son environnement. Même quand il travaille pour un état pétrolier. Quel paradoxe que la politique moderne.
Dans les gros titres du journal de Vands, rien, rien d’intéressant. Tout au plus une interview sur l’agriculture pouvant être plus développée. Que ce soit l’UTE ou l’EKA, rien de bien brillant non plus dans leurs actualités, enfin, la mode n’est pas actuellement à la guerre et la politique étrangère est stabilisée façon glaçon. Voici l’arrêt, voici le moment de se livrer à la foule d’hommes en noir.

Comme un enfant, il tremblait, était stressé avant d’entrer dans le palais de l’Assemblée, dit « de l’Aurore ».
Il était facile de se remettre en question, il était isolé, pas vraiment reconnu, tout jeune, et physiquement différents des autres. On sait que souvent dans la cours de récréation la différence est mère de brimade.. Et on sait aussi que les politiciens sont souvent de grands enfants.
Cependant tout les députés issus du premier tour avaient été convoqués en ce dimanche. On leur attribuerait leur place, leur matériel et quelques consignes basiques. Le costume était de rigueur, la couleur, contrastée au maximum était requise. Pas de coquetterie possible, c’était veste noire, chemise blanche pour tout le monde. On allait pas se faire remarquer – faire l’inverse – dès le premier jour. Dans sa tête le jeune homme avait d’ailleurs déjà quantifié et qualifié toutes les escapades intellectuelles qu’il pourrait développer pour se faire remarquer, mais c’était à moyen terme, on ne comptait pas, déjà, être stéréotypé. Les coups d’éclats attendraient cette fois.
Quelques groupes étaient formés. La plupart se situant autour des cadres de tel ou tel parti. Mais contrairement à ce que le caucasien pensait, beaucoup de députés étaient seuls, regardaient leur téléphone ou simplement, les mains jointes derrières les reins regardaient aux alentours.
Néanmoins, de tous, il était le plus jeune, et de loin. Exceptés peut être, ce jeune homme, le type asiatique était toujours trompeur mais tout de même, qui devait être à peine plus âgé que lui. Un ULD.
Finalement, trop en avance, car trop précautionneux, comme toujours, il put faire connaissance de quelques autres députés, dont un attira particulièrement son attention. Il était socialiste, et âgé d’une grosse quarantaine d’année mais avait surpris par son calme, et sa qualité d’écoute. Ne tentant pas, comme les autres, de placer son nom et ses choix dans chaque phrase tels des cartes de visites. D’ailleurs, son nom… Pas possible de s’en rappeler. Cela pourrait être gênant. Tout au plus ses amis le surnommaient Benta-San. Monsieur Benta.
Enfin, on chercherait sur l’HoloNet plus tard. La sonnette venait de retentir, et on se précipitait lentement vers l’entrée, une ouverture magnifique de bois et de carbone. C’était paradoxal et oxymorique mais c’était beau.
Probablement pas très efficace néanmoins dans la sollicitation habituelles aux efforts, vu la légère courbure déformant toute la longueur des portes. Amian ne pensait probablement pas à ça à ce moment là. Il regardait le sol, suivait les chaussures cirées de son prédécesseur, et se disait qu’il n’avait jamais remarqué à quel point cette cravate l’étouffait, et ce costume l’empêchait de respirer. Et cette maudite chemise, pas possible d’avoir une circulation d’air. Il sentait la sueur perler sur son front.

Réunis dans un grand hall, les deux cents députés avaient été invités à s’asseoir, dans un simili hémicycle, à base de petites chaises. Au micro on annonçait des banalités, l’honneur de les recevoir, les faits de gloire des députés d’Aunadar, quelques brèves secondes de silence à la citation du nom de Isoruku Togo, député célèbre pour avoir renoncé à sa tâche pour pouvoir s’engager dans les brigades « interplanétaires » pour lutter contre les Carcars.
Pour résumer, on faisait de l’histoire, ce qui ne dérangeait pas notre personnage, mais ne l’intéressait pas non plus énormément. Il préférait observer les autres députés, et sembler le plus professionnel possible à ceux, potentiels, qui pourraient l’observer.
Ensuite, on distribua la fameuse mallette. Petit bijou de technologie et d’art, cette boite de cinquante centimètres sur trente, jaugeant une masse d’environ trois kilos comptait l’outillage du petit député.
Un laptop officiel, marqué du logo de l’état, quelques stylos et carnet, de même façon siglés, et surtout un annuaire avec de nombreuses adresses utiles, celles des nombreux partis, les moyens de contacter les députés… Et les horaires d’ouverture de l’Assemblée, ainsi que ses plans, quelques données sur les accès aux salles de réunions, un règlement intérieur… A en lire, enfin, écouter – le maître de conférence le résumait- certains détails, on avait l’impression d’être dans une cours d’école. « Ne pas coller de Chewing Gum ». « Ne pas voter pour un autre ». « Ne pas graver sur les tables ». Mais aussi, certaines choses plus sérieuses, concernant surtout la protection des identités virtuelles. Il serait gravissime en effet que quelqu’un puisse se logger à la place d’un député.

En effet, étant député, on passait « cadre trois ». C’est à dire au niveau technologique d’un ingénieur. Le cadre « un » était celui du peuple, et le cadre deux celui de l’étudiant en cycle supérieur ou du technicien. C’était en fait les autorisations à connaître les secrets, à accéder à certaines parties des bâtiments officiels, et autres possibilités. Il y avait officiellement sept cadres. Officieusement on en décomptait neuf.

On expliqua donc aux nouveaux députés qu’il ne faudrait pas utiliser tout ce qu’ils verraient, tout ce qu’ils entendraient dans ces bureaux politiquement, on leur expliqua qu’il ne fallait pas prendre d’images des séances fermées au public. On commença à sentir le sérieux de la tâche ; et l’officiel.
On demandait aussi de signer un contrat sur lequel était inscrit entre autre, un serment selon lequel on respecterait toujours autrui, et qu’on se battrait, physiquement s’il le fallait, pour préserver Aunadar. Amian reconnu une partie du serment de l’Arme Spatiale, dont il avait été académicien. On avait donc le droit de se copier entre administrations.
Le jeune homme, avec les autres, fut mené à l’intérieur. On lui donna la place 168, plein axe, face au maître de la place, légèrement en hauteur. Il aurait pour voisin , et s’était un plaisir, monsieur Benta, à sa droite, et une jolie dame à sa gauche. Elle devait être métisse. Enfin, vu le regard qu’elle jeta à Amian, ce dernier compris qu’elle ne figurerait pas sur le petit carnet vert, où une liste de nom et d’autres mots étaient inscrit. Non, pas elle. Flûte.


Pour finir cette petite journée d'initiation, on demanda aux députés les groupes qu'ils voulaient rejoindre. Groupe d'enquête, en provenance de tout les partis, ils étaient chargés d'enquêter sur un sujet, et de développer des conclusions, transformables en loi afin de les voter à l'Assemblée. Toutes les parties de l'état étaient concernées par ces petits groupes. Aussi, Amian, en tant que seul représentant de son mouvement avait toute latitude pour choisir dans quelles bandes il s'investirait.
Après quelques minutes de concentration, il demanda la Défense, l'Education et la Recherche, la Santé, l'Industrie et le Développement durable. Cependant, il ne put accéder à la Santé, dont les horaires des réunions avait sciemment étaient fixées pour se superposer à celles de la Défense et de l'Education, et il apprit que le groupement industriel serait subdivisé, et qu'il aurait pour rôle de travailler dans les PME/I du groupe "stratégique". C'était monsieur Benta qui dirigeait d'ailleurs le groupement industriel, et lui qui faisait les équipes. Au premier abord, Amian prit ça pour une sanction, il comprendrait par la suite l’ouverture donnée par cette opportunité.

Il n’en était cependant déjà plus là. Li Wei lui avait fournit les coordonnées d’une agence immobilière et il avait pu faire l’achat d’un joli local d’une cinquantaine de mètres carrés, qui lui servirait pour son travail de député. Recueillir les locaux ayant des réclamations, accueillir certains partenaires d’intérêt, ou avoir un simple lieu pour donner une existence physique à son rôle, tout était définis ici.
Le loyer était payé par l’UDEA en partie, et aussi par l’Etat qui aidait souvent les petits partis à posséder de telles infrastructures. Structures qui furent immédiatement répertoriées sur le site de l’UDEA, et par écho, sur celui du DonDeSoi.On y adjoignit deux employés.
L’un était chargé de la sécurité mais aussi de l’accueil des visiteurs, quand l’autre avait pour rôle d’assurer la logistique des rendez vous, du remplissage de l’agenda, ainsi que du traitement des mails et autres coups de téléphone. Ainsi l’appartement se divisait en quatre grandes pièces. La principale était le hall, regroupant le bureau du secrétaire, une petite salle d’attente et surtout une bibliothèque holographique de toute la presse actuelle. La seconde en importance était le bureau d’Amian ainsi que celui du second employé, qui serait toujours là pour rendre impossible un chantage direct vis à vis du jeune Caucasien. Etant à l’étage on avait une jolie vue sur le parc environnant, donnant sur le bâtiment d’en face à environ soixante mètres. Tout un pan de mur était donc vitré.
Enfin les dernières pièces étaient une grande salle de rangement, pour les divers dossiers, livres, courriers envoyés, mais aussi pour l’entretien du local, et une salle d’hygiène comprenant toilettes douches et autres accessoires nécessaires à la santé de tous.

L’immense qualité de cet appartement modulable, et agrandissable quand il serait temps – en effet, les immeubles de bureaux on cette immense qualité que de pouvoir être à volonté modulable, et changeant avec l’ère du temps – était sa localisation. Face au bureau d’Amian, à la limite du district, mais facilement accessible par les tramway et autres voies antigrav’, on pouvait enfin y accéder par un chemin piéton sécurisé, tout au plus en venant de n’importe où dans le district on mettait une demie heure pour rejoindre le local. Les Sabres Déchus eux, se trouvaient quasiment à l’autre bout du secteur, et on pouvait maintenant parfaitement quadriller les locaux et les besoins, vivant dans les faits dans les divers lieu de vie et de travail des électeurs.
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MessageSujet: Re: [New Tokyo] - Palais de l'Aurore (Assemblée).   Jeu 5 Mai - 23:54

Il fut laissé à Amian le choix entre les commissions de défense et d’éducation. En effet, il était de coutume de ne pas allouer plus de deux charges particulières à un parlementaire et cela pour plusieurs raisons. La première, très avouable, était que plus de deux commissions présentait une charge de travail considérable, même lorsqu’on était flanqué d’un ou deux assistants parlementaires. La seconde, était tout simplement une question d’équilibre politique et de postes à attribuer. L’on ne saurait tolérer qu’un parlementaire seul se trouve à siéger dans plusieurs commissions et puisse avoir un pouvoir d’influence trop important pour la survie du jeu parlementaire.

Enveloppe parlementaire de 30 000 crédits par mois, s’ajoutait à cela les primes de commissions qui s’élevaient à 10 000 crédits. De quoi engager un à deux assistants supplémentaires. Ce genre d’enveloppe permettaient à certains députés de se doter de nombres d’assistants ou d’équiper au mieux un nombre limités d’aides, en facilitant l'acquisition de véhicules ou de matériel de fonction par exemple. Li Wei avait rapidement sut dégotter une politologue récemment diplômée et s’étant suffisamment distinguée dans ses études pour approcher le saint des saints à savoir le président du parti, elle servirait de secrétaire. Un jeune diplômé en philosophie et lettres avait brigué le poste de chargé d’accueil et de sécurité. L’homme était plus ou moins destiné à servir de porte parole s’il le faudrait... Li Wei s’était proposée à la tête du “centre d’études” du parti, elle avait déléguée la gestion des affaires courantes de son établissement à une cousine.

Naturellement le gain d’un siège prévoyait également une dotation parlementaire minimale de 400 000 crédits par an. À peine de quoi entretenir les locaux loués et une équipe minimale, soit un “centre d’étude”. Rien à voir avec les machines de l’ULD ou du MLA.

Benta San ne tarda pas à donner du travail à son groupe et l’équipe d’Amian, composée de trois parlementaires de l’ULD dont un (Kim Hiang) qui était déjà membre de la commission pendant la législature précédente. Le premier travail était de réaliser un état des lieux des PME travaillant dans la haute technologie et les secteurs stratégiques et de dresser un portrait de la santé du secteur, des concurrences existantes au sein de l’économie d’Aunadar et l’importance de la concurrence du voisinage. Hiang ne tarda pas à donner une liste non exhaustive de moyens à la disposition des parlementaires. Consultation des acteurs sociaux, les statistiques de la banque nationale, la visite d’établissements et d’entreprises (bien qu’une vue globale soit difficile à obtenir par ce biais) ou encore la convocation d’un ministre (économie, finances, ou même défense). L’avantage des deux derniers moyens étaient que les personnes interrogées étaient obligées de répondre et que si elles ne le faisaient pas aussi bien qu’on le souhaitait, il pouvait y avoir des conséquences, particulièrement sur les ministres, la banque nationale étant indépendante.

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MessageSujet: Re: [New Tokyo] - Palais de l'Aurore (Assemblée).   Jeu 2 Juin - 15:43

Le temps manquait, la routine s’installait, et la passion s’envolait. C’était le constat que faisait Amian, assis, ou plutôt vautré sur son fauteuil, les pieds négligemment appuyés sur son bureau. Il regardait vers l’extérieur. Plus aucune seconde pour sa vie privée.
Quand il n’était pas au cabinet, il était à l’Assemblée, à potasser des dossiers entiers. Il se rendait compte que plus sa vie sociale ne diminuait, plus ses connaissances et son intelligence se développaient. Il pouvait se targuer d’obtenir nettement plus de résultats maintenant qu’auparavant concernant la vente d’équipements.

Néanmoins, un seul être vous manque… Et en effet, tout peut être dépeuplé, on assiste à l’inaccessibilité de quelqu’un, et on perd toutes ses certitudes, ses qualités même. On devient quantité et qualité négligeable. C’est ce que ressentait le jeune homme à la vision de certains profils sur les réseaux sociaux. Mais bon, la vie est comme ça. On ne réussira jamais rien seul. On ne réussira jamais rien, tout simplement, dans son entièreté.
Plus inquiétant, ces rêves s’accumulaient, dans ces nuits sans sommeil, qu’on passe comme une journée sans pain. Il voyait des monstres aériens fait de métaux et d’autre matières nobles s’élever, se déchirer, des impulsions monstrueuses le traversaient quand des halos de lumière envahissaient la pièce, et il se réfugiait dans des bras aussi rassurant qu’incertains.
Tout ça était probablement le fait de travailler en quasi permanence avec des constructeurs de vaisseaux, mais enfin, nuls ne ressemblaient à ces machines fantastiques. Et les gens n’étaient pas asiatiques dans ses phantasmes. Ce soir était spécial à défaut d’être spatial, on fêtait un anniversaire, celui du néo député, avec l’épique équipe. Tous seraient là… Sauf peut-être Amian.
Une grande réunion avait lieu le lendemain, on parlerait de la rationalisation de l’industrie Aunadariote, et surtout des PME à soutenir. Il en avait toute une liste, et il savait qu’il se ferait énormément d’ennemis, en ne soutenant pas certaines des sociétés qu’on lui avait présentées avec insistance. Mais plier n’était pas dans les options, et n’y serait jamais, en tout cas pas consciemment. La tenue pour ce soir était décontractée… C’était tellement bon de ne plus avoir à revêtir le trois pièces complet. Ca serait jean noir, et chemise sur t-shirt d’une couleur chaude. Laquelle ? Aucune idée. Il fallait déjà trouver un pantalon n’étant pas trop traître, pour ne pas dévoiler ces cuisses informes et peu gracieuses que donnait gentiment le sport à haut niveau. On pourrait peut-être perdre un peu de temps à faire un tour dans les zones commerciales, sans déléguer à une personne de confiance relative l’obligation d’acheter des habits, ou même à manger, car on n’en a pas le temps, étant député.

Revenait dans ses yeux les images si étranges. « Tu veux vraiment devenir immortel ? ». Pourquoi cette question ? Il ne le comprenait pas, il savait simplement qu’il fallait y tordre le cou, se lever et aller face à sa mort, le front haut. Ce qui était paradoxal, vu qu’on semblait tous vouloir vivre longtemps.. Mais le paradoxe est humain, voir plutôt, l’humain est paradoxe. Enfin, le temps comptait, et celui à philosopher n’était pas réellement rentable, bien que plutôt agréable. Il était déjà l’heure de se rendre à l’appartement de Carla. On y boirait probablement beaucoup, on s’amuserait, on rencontrerait des gens, on ferait surement l’amour avec une muse dont on oublierait le nom, comme celui des muses originelles, Clio.. Et les autres ?
Et les autres. Qui ne fait pas partie des autres au fond ? On est toujours l’autre, le nom ignoré.. Des certains autres. Bref, pas de temps à perdre avec le culte de la personne dans un monde où le capitalisme rejoint même le nombre de conquêtes. Même pas celui de sa personne.
Habits ? Ok. Coiffure ? Ok. Corps ? Ok.
On y va. Porte ouverte, tout le monde te souris, te salue… Pourtant on est juste là pour s’amuser, le concept de fêter la naissance de l’un d’entre nous est un bon prétexte, mais un problème tout de même. Ca ne sent pas bon, trop de monde, qui c’est lui ? Bon, aucune idée, mais on s’en fout il à l’air sympa. Le duo d’une ample voix féminine, et d’un hachoir masculin, c’est un peu le cerveau, la pensée de l’individu à ce moment-là. Des pensées de grandeur, de dialogues, de discours plutôt, grandiloquent, et le fameux, plus terre à terre « où est mon verre ? ». Les heures passent, les échanges aussi. La fatigue vient, les muscles préviennent qu’ils vont se mettre en grève rapidement, le cerveau a déjà déclaré son indépendance depuis longtemps, seuls les yeux sont encore relativement fidèles. Quoiqu’ils commencent à rendre l’âme. Le réveil sera difficile demain, mais l’endorphine n’endort pas. Finalement, la nuit ne durera que deux heures, et prendra place sur une table de passage, à moins que ça soit un meuble. Quelqu’un avec qui échanger un peu de tendresse ? Surement. On en manque toujours dans ce monde. Mais nul moyen d’en retrouver le nom, nulle envie d’ailleurs. S’accrocher c’est mourir. Même si parfois on aimerait bien… Non. Rien.
Le palais de l’Aurore est toujours aussi superbe. Les rénovations lui ont fait un bien fou. On se rappelle le premier jour où on y est arrivé.. Il est bien loin. Maintenant on salue les gens, on appelle les vigiles par leurs prénoms. Quelques mauvaises blagues. On prend un temps certain à l’extérieur, une tradition d’une époque où il y avait encore des fumeurs. C’est toujours agréable, de se sentir insensible aux évènements. Prendre le temps au temps, surtout quand on ne devrait pas s’en payer le luxe. Surtout quand l’abattoir nous attend derrière la porte.
On sourira, on dira merci, et on renverra coup pour coup. Mourir, avec plaisir. Mais les armes à la main, c’est une question de culture.
L’heure arrive, la non-nuit d’hier est oubliée, le besoin de sommeil est très relatif en fait. Le costume est parfait, mais tout le monde étouffe. Il faut maintenant monter au front, à la tribune, et aligner les noms qu’on a choisis bon d’aligner. Dix au total, comme prévu, de PME absolument intouchable et à protéger pour le maintien de l’industrie de très haut niveau Aunadariote.
Ce sera « Tp Technic », groupe familial, orienté dans la construction et la gérance des communications sous toutes leurs formes. En train de développer des balises révolutionnaires.
Ce sera aussi « Ae cie », pas de rapport familial, Ae étant le raccourci d’Aeronautic. Comme le nom l’indique, c’est une société qui produit des appareils volant. Des chasseurs plus précisément, ou plutôt, qui développe des idées pour les constructeurs. Leur dernier dada est le pilotage cognitif. Intouchable aussi.
Huit autres noms suivront, dans tous les domaines, notamment, comme une circulaire discrète l’avait signalé, dans la désignation et la destruction d’adversaires volants.. D’un genre « impressionnant ». Benta lui-même avait convoqué Amian pour le lui signifier. Les consignes venaient d’extrêmement haut. Et le jeune homme avait du lutter, frapper d’estoc et de taille pour placer « ses » noms sur la liste. Ô il y avait toujours de la concurrence, mais dans ce domaine, tout le monde voulait placer ses amis. A la fin néanmoins, le jeune Aunadariote, mentant à tout le monde avait imposés ses choix, les meilleurs à son avis. Et leur énonciation créa du remous dans la salle. Cette vague de fond discrète mais puissante. Faut-il signaler que certaines des entreprises qui auraient aimées être citées et subventionnées avaient placées leurs cartes auprès des grands partis ? Le jeune caucasien comprenait maintenant très bien pourquoi on l’avait accepté à ce poste. Les autres entreprises protégeaient les matériaux rares, quelques systèmes informatiques de haut niveau et autres placement clef, stratégiquement.
Il commençait à se demander, à la fin de son exposé, s’il n’allait pas entrer dans l’histoire, comme le premier député à être assassiné dans l’antre du palais. De ce fait, il leva haut le front, si quelqu’un voulait lui donner la postérité, il fallait que la photo soit belle.

Il est assez inimaginable de voir une Assemblée en feu. De nombreux camps s’affrontaient, dans cette guerre feutrée qui ne l’était plus. Quelques députés de toutes couleurs applaudissaient à tout rompre la personne qui venait de parler, quelques autres le conspuaient, d’autre, summum de l’agressivité alors, lançaient des boules de papiers.. Puis ce qui devait arriver arriva, on en vint aux mains.
https://www.dailymotion.com/video/x9ycsd_bagarre-parlement-sud-coreen_news
Ce fut aussi terrible qu’intensément démocratique, certains hommes sautaient d’une travée à l’autre, pour aller en coller une bonne à d’autres députés. Les femmes s’arrachaient les cheveux, certaines s’attaquaient même à des députés. Les policiers entraient, n’osant pas trop cependant taper dans la foule costumée. S’eut un effet aussi certain qu’un jet d’alcool sur une flamme, tout empira. Désormais, même des membres d’un même parti réglaient les comptes. Lesquels ? Probablement pas ceux qu’Amian pensait avoir soulevé. C’était une bataille rangée, avec la police et les caméras comme témoins impuissants. Monsieur Benta, protégé par une horde de ses affiliés, de toutes couleurs, rejoint le jeune pyromane et lui tendit une main amicale.

- On a gagné.
Quoi ? Aucune idée. Ce n’était de toute façon pas le sujet. On se contenta de serrer la main tendue, et de sortir. Néanmoins, Amian avait quelque chose à régler. Il n’oubliait pas tout, voir même rien du tout. Et l’attaque en règle qu’il avait subi à son entrée était toujours très présente, alors il profita, il fit comme les autres députés. Se frayant un passage sans trop de difficulté – les autres députés lui rendaient bien une tête et vingt ans en moyenne, jusqu’à un homme qui avait sous-entendu qu’Amian était corrompu, il lui signala avec plaisir qu’il n’avait pas eu peur de présenter une liste, s’opposant à la majorité. L’homme lui envoya un regard mauvais et cracha dans sa direction, tout était filmé, Amian le savait et avait déjà gagné. Il tendit une main, en signe de réconciliation, son adversaire d’une minute lui envoya un poing aussi rageur qu’inefficace, le jeune homme l’avait vu arriver et l’esquiva facilement. « Un adversaire de moins ». Il s’éloigna comme il était arrivé.

A l’extérieur de la salle, il croisa les bridages anti émeutes, armées de boucliers translucides, de matraques lourdes. Allaient ils prendre l’Assemblée d’assaut ? Ca serait sportif et extrêmement divertissant. Cependant, les soucis arrivaient, on signala au jeune homme qu’une entrevue était requise avec le grand chef, le haut du panier, le sommet démocratique (ou pas) d’Aunadar, le président Kim. Qui voulait probablement savoir qui et pourquoi avait déclenché ce pugilat dans un lieu sacrosaint de la démocratie.
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MessageSujet: Re: [New Tokyo] - Palais de l'Aurore (Assemblée).   Jeu 9 Juin - 0:37

Liu Xiu, le député de l’ULD qui avait tenté de frapper Amian, vit une campagne de presse partiellement orchestrée par un Li Wei qui avait littéralement sautée sur l’occasion se déchaîner contre lui. Le monde des médias fut par contre très partisan quant à l’affaire, un fait divers dans l’ensemble plus large qu’était le pugilat auquel les députés s’étaient livrés.

La presse jadéenne reprit l’événement (le pugilat) et plusieurs canards d’Opale en firent leur choux gras tout comme la presse bavannoise qui elle ne s’en priva absolument pas. “El por la mañana”, journal bavannois connu, observa que les systèmes parlementaires, s’il leur arrivaient de connaître de telles situations, n’en avaient pas connues de telle ampleur depuis plusieurs décennies. Si l’histoire parlementaire recelait de quelques échanges terriblement injurieux entre socialistes et conservateurs, l’on n’avait jamais vu de bataille rangée s’y dérouler. Même le Parlement de l’Union des Territories Eloignés d’avant l’instauration de l’état d’urgence ne s’était pas abaissé à de telles disputes. Le quotidien bavannois faisait en revanche remarquer que la situation n’était pas inconnue sur Arkilia où l’assemblée constituante avait tournée à la fusillade - suivie d’une intervention musclée de la garde rapproché orloviste - en 2718, lorsque les communistes refusèrent tout compromis politique. L’Histoire de Kryptonn recelait également de quelques affrontements similaires mais vite jugulés par la police et n’avaient jamais été d’une telle ampleur. En fait le seul cas similaire était celui de Seranon et de certains épisodes datant de la première république avec quelques exception notables à Alganzaar, il y à quelques décennies.

Liu Xiu ne fut guère inquiété et exposa sa version des faits dans la presse qui lui était favorable ou qui du moins, ne s’en prenait pas à lui. À l’en croire, après sa provocation et ses diffamations, Amian Ae Saster serait venu sciemment le provoquer par une fausse offre de paix cherchant l’humiliation. En tous cas, il n’avait pas l’intention de se faire insulter par un espèce d'hurluberlu ridicule, prétentieux et élu par chance en exploitant catastrophes urbaines par un discours profondément cocardier et immature. L’attitude, provocante n’affichait aucun regret et cela le fit même grimper dans les sondages, paradoxalement.

L’entrevue sollicitée par le président concernait plusieurs parlementaires en vue et chefs de groupe parlementaire, ce qui justifiait la présence d’Amian. Bizarrement Benta ne faisait pas partie du lot malgré son importance. Le président cherchait peut-être à éviter un savon à des membres reconnus et le responsable ULD présent n’était qu’un trublion mais important malgré tout. L’ambiance quelque peut spartiate du Palais présidentiel prit soudainement des allures de tribunal.

Kim Benkei tint un long discours sur le parlementarisme, l’importance des rapports entre l’exécutif et le législatif dans l’exécution d’un programme gouvernemental, notamment en matière de développement économique et de soutient des entreprises. Le président se félicitait donc des propositions avancées lors de la plénière.

S’ensuivit un discours extrêmement long sur la mission des parlementaires, l’importance fondamentale de leur rôle et indirectement, l’éthique qui corsetait la profession. Lourdement appuyé de références historiques propre à Aunadar, le président n’avait pas l’air de s’en prendre à quelqu’un en particulier tout en visant plusieurs personnes dont plusieurs n’étaient pas présentes, mais tout le monde savait à qui il pensait et les personnes présentes surent immédiatement quand Kim Benkei s’adressait à elles... Sans leur accorder le moindre regard et sur un ton calme et affable ne souffrant d’aucune discussion. Nul besoin pour lui d’élever le ton et l’ensemble de ce qui était dit était trop général pour représenter une arme efficace contre lui ou son parti, qui en prenait aussi pour son grade lorsque Benkei fit allusion à des formations “de gouvernement” se devant, en raison de leur ancienneté et de leur sagesse inhérente à un long exercice de la plus grande responsabilité, de montrer l’exemple et adopter une attitude humble et réservée. Benkei profita de l’absence de la presse pour évoquer la réputation d’Aunadar et le coup que certains représentants pleins de bonne volonté mais quelques peu impulsifs quant à leurs méthodes avaient portés à leur propre pays. Le président fit une allusion indirecte à la manière dont en République de Bavanne l’on exploitait l’événement sans parler de la réaction Vandsienne, qui avait ouvertement fait une comparaison avec une querelle de chiffonniers. Entre ellipses et euphémismes, tout le monde en prenait pour son grade, sans exception et pas de presse, ni de moyen d’enregistrer ce qui fut dit, même si Benkei devait très probablement conserver une copie bien à lui.

Au parti, Li Wei, qui commençait à mettre en place une machine administrative petite mais efficace, demandait ce qu’il fallait mettre en branle et quels étaient les objectifs visés. Car à force de ne pas avoir de véritable programme, le mouvement avait toutes les chances de s’épuiser et si un siège accordait une visibilité, il était crucial de ne pas finir éclipsé par une politique quotidienne et par... L’instrumentalisation de l’unique siège obtenu par d’autres formations ou “hommes sages” de l’assemblée. Il s’agissait donc pour Amian de se fixer un objectif. Devait-on chercher à obtenir les pouvours subordonnés qu’étaient les communes, ou viser l’Assemblée uniquement ou tout viser ? Il convenait d’ouvrir des sections dans d’autres circonscriptions mais lesquelles ? Devait-on déjà viser la capitale aux futures élections communales afin de profiter le plus possible de l’effet de mode. Amian n’allait pas tarder à ressembler à n’importe quel député s’il ne donnait pas ne serait-ce qu’une illusion de “mouvement politique”.

Li Wei suggérait également de chercher à recruter de nouveaux cadres et à s’assurer l’appui de certaines presses locales, notamment en se déplaçant dans le pays (les transports en communs étaient gratuits pour lui et un proche collaborateur, comme pour tous les autres parlementaires, ce qui représentait déjà quelques économies sur la petite caisse du parti) afin de chercher à recruter des cadres supplémentaires et à élargir l’horizon du parti. Il fallait impérativement sortir de la capitale et y rester en même temps si Amian souhaitait réellement parvenir au sommet, unique moyen de réellement réaliser ce qu’il souhaitait.

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Amian Ae Saster
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MessageSujet: Re: [New Tokyo] - Palais de l'Aurore (Assemblée).   Lun 13 Juin - 1:01

Là où on lui expliqua que le parlementarisme avait une image à défendre, Amian répliqua coup pour coup, on entendit des mots tels que « corruption insoutenable » ; « abus d’influence » et autres. Aucun nom ne sorti de sa bouche, mais là aussi , tout le monde , tout ceux qui étaient visés le comprirent très bien. Et pendant quelques secondes, on se demanda si le pugilat n’allait pas recommencer, dans le bureau du président cette fois. Il n’en fut rien. La présence de deux molosses de la sécurité personnelle du président calma probablement beaucoup des acteurs.

Retourné au bureau de l’UDEA il fut assailli de question, comment était Benkei en vrai ? Pas spécialement antipathique, il fallait bien l’avouer. Mais la lassitude régnait. On se demandait surtout que faire pour durer. La stratégie avait déjà été murement réfléchie. On s’attaquerait à Nouvelle Séoul. Ville ultra universitaire s’il en était une, qui serait plus facilement séduite que New Tokyo. Elle était la principale cible. Les objectifs d’Amian s’accordaient d’ailleurs parfaitement avec le statut de la cité, notamment pour sa réforme sur les jeunes. Cette cité était relativement modeste, très peuplée et très jeune, et avait un réel potentiel industriel. La possibilité de croiser les formations serait donc donnée. On s’y rattacherait.

Une délégation de l’UDEA, à travers un message et quelques échanges fut envoyées sur Krypton, pour connaître la possibilité pour des entreprises locales d’ouvrir des succursales sur Aunadar, et surtout, pour créer des cursus de formation internes aux entreprises, croisées entre les deux pays. On parlait notamment des sujets comme les armures et autres

Il fallait aussi trouver de nouveaux cadres, Amian avait une botte secrète pour ça, il avait, de par son travail personnel, pas mal de contacts dans le monde industriel, et tenterait d’en rallier certains cadres. Mais à tous les niveaux, l’UDEA devrait recruter. Le DDS fournissait un gros contingent de bénévoles motivés et organisés. Ils s’étaient d’ailleurs fait remarquer en organisant des opérations caritatives dans plusieurs supermarchés très fréquentés, sous des bannières multiples, dont celles du parti.


Les écologistes « de droite » étaient aussi un objectif prioritaire. Ils n’étaient pas très nombreux, mais généralement très élevé intellectuellement, et ils seraient facilement ralliés, l’UDEA défendant la création de filières vertes d’excellence, pour l’après Gluterstream, tout en luttant contre la bien pensance vaseuse et contre-productive qui prônait quasiment la décroissance, voir le recul. Dans l’opinion, les écologistes avaient toujours eu une audience relativement large, et étaient difficilement atteignable avec des attaques politiques standards… Mais ils souffraient de leur peu de préoccupation, concernant les autres sujets. L’UDEA pouvait apporter cette largeur d’opinion, on était même prêt à créer un véritable pacte écologique, qui devrait après négociation rejoindre tout les futurs programmes du parti, et en être indissociable.

La normalisation des relations avec Vands consistait là en un point d’achoppement, car c’était tout sauf un pays défendant la bonne santé de la planète et de la nature en général, mais là aussi, la parade était toute trouvée. Avec qui négocier si les liens sont coupés ? L’amélioration de la protection de l’environnement passerait par de réels contacts diplomatiques ou ne serait pas. On ne convaincrait personne en vitrifiant toute une planète.
Enfin et pour finir, on décida de forcer tout responsable politique du mouvement, quel qu’il soit, à verser 7% de ses revenus pour le parti. Ceci comptait le salaire fixe du travail « externe » de la personne, mais aussi les primes et autres bonus obtenus dans la vie politique, voir même avec l’UDEA. Le chiffre de 7% n’était pas un hasard, c’était l’estimation de la perte d’argent subit par les bénévoles du groupe, et il semblait légitime que toute personne se « mouille » et prenne autant de risque. On était conscient que ça refroidirait certaines personnes. Mais ça aurait aussi l’immense mérite d’éloigner les personnes trop motivées par l’aspect financier. On avait un cadre de base très jeune, et encore relativement rêveur, autant se servir de cette différence et de cette identité pour se faire remarquer et non pas se fondre dans le moule.

On pouvait quasiment toucher la lassitude du jeune député, c’était usant d’avoir une vie qui n’en était pas une. Les heures de libertés étaient attendues comme des arrivées divines, et les trois quarts du temps, il fallait faire quelque chose au dernier moment d’importance cruciale. Il est connu que le stress est excellent pour la santé, augmentant l’acuité sensorielle et accélérant le fonctionnement cérébral, quand il arrive rarement… Mais l’état permanent de stress était un poison. Amian perdait du poids, dormait peu il avait pris plusieurs années en quelques mois. Les loisirs n’étaient d’ailleurs plus réellement accessibles. On ne pouvait pas prendre le risque de voir un député participer à une bagarre de bar ou autre. Quel bonheur que d’être ghettoïsé. Et ces rêves, toujours les mêmes… La carrière militaire était peut-être plus faite pour le jeune homme, il n’aurait jamais cru penser ça, après avoir quitté son académie. Et il savait au fond de lui que c’était faux d’ailleurs. C’était tout l’humain et toute sa politique qui le dégoutait. Plusieurs fois il songea à s’enfuir d’Aunadar, plusieurs fois, voyant Viktor il avait envie de rejoindre la frégate discrètement. Il sentait que sa fibre patriote le quittait. Il ne se sentait même pas Aunadariote à vraie dire. Il savait qu’il était quelqu’un, mais il ne savait pas qui, et d’ailleurs, il ne voulait pas le savoir.

On lui reparlerait surement plus tard de l’importance des relations avec les gens. Mais ce qu’il voyait le dégoutait considérablement. Ces gens, ces amis, qui profitaient dès que possible de ses faits, et ne donnaient rien en retour. Ces gens qui se souvenaient de son pouvoir, quand ils en avaient besoin. Ces gens qui se souvenaient qu’il avait des problèmes, et lui souhaitaient bonne chance, mais ne faisait rien quand il demandait de l’aide.
Ces gens qui l’applaudissaient quand il prenait des risques, et qui ne sans complexe allait en bénéficier. Ces pauvres gens le dégoutaient même peut être au fond de lui. Qui était il ?
Aucune idée.
Mais il lui semblait évident une chose.
C’est que si ce rythme ne changeait pas rapidement, il partirait. Où ? Aucune idée.
Mais il partirait.
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MessageSujet: Re: [New Tokyo] - Palais de l'Aurore (Assemblée).   Jeu 16 Juin - 20:13


Avec ses commentaires de plus, Amian s’était probablement fait des ennemis pour la vie, et il était plus qu’évident que le président s’était fait une opinion. En bien ou en mal, nul ne le saurait jamais avant longtemps.

L’on ne tarda pas à former une section à Nouvelle Séoul qui trouva rapidement des cadres ainsi qu’une sous section jeune agissant au sein de l’université. Elle avait cependant très fort à faire avec les fédérations locales de l’ULD, très puissantes, sur le campus notamment.

Sur Kryptonn l’on écouta la délégation au sein des entreprises qui fut reçue au cercle de Jeanville, cercle de PME et d’entreprises se réunissant régulièrement pour des conférences et des échanges. Si l’on était très intéressé, on attendait de voir car même si l’on ne le disait pas, l’UDEA était encore un parti naissant, avec un seul siège et donc une capacité politique quasi nulle. Rien ne prouvait qu’il s’agissait de davantage qu’un effet de mode né d’une poussée populiste comme il y en avait régulièrement partout. Bref aucune garantie ou pas encore. Il ressortait également que les entreprises étaient déjà très en rapport les unes avec les autres et que beaucoup étaient satisfaites des cercles d’entreprises de Jeanville, Mirom et Vermeille en plus de clubs où se réglaient de nombreuses affaires et où des conventions se tenaient parfois. Certains étaient très sélect.

L’évocation des armures et tenues de combat et éventuellement ce que cela pouvait impliquer dans les marchés plus larges des combinaisons spatiales (domaine d’excellence de plusieurs entreprises kryptonnes travaillant en GIE) éveilla l’intérêt de plusieurs entreprises mais l’on prévient rapidement les représentants UDEA des lois assez strictes en terme d’exportation d’armement jugés sensibles passé un certain niveau de technologie, et les tenues de combat faisaient partie de cette catégorie. En pareil cas des projets de collaboration devaient passer par la Commission de défense du Sénat, importante en termes de parlementaires et d’assistants, parfois surnommée “le mammouth souverainiste” par certains patrons. Cette commission pouvait parfois se montrer...inamovible, ou très flexible, et les militaires y avaient presque un siège en terme informel.

Une dizaines de gens issus du monde professionnel d’Amian se montrèrent intéressés mais une chose semblait considérablement rebuter. Si plusieurs étaient prêts à donner de leur personne pour le parti, cela bloquait très fermement en terme de rémunération. Plusieurs ne visaient pas de poste rémunérés arrachés à grands coups d’élection et il n’y avait donc pour eux rien qui puisse compenser la perte de revenus qu’engendraient l’adhésion à l’UDEA. Ils se retrouveraient élus, mais non rémunérés et donc pénalisés financièrement. C’était le cas de membres de conseils de pouvoirs subordonnés (comme les assistants du Maire, siégeant au conseil communal).

En matière écologique, il semblerait qu’un discours sur l’indépendance portait mieux qu’un “fourvoiement” avec des écologistes jugés en outre franchement trop pacifistes et pro vandsiens. Certains cadre comme Li Wei ne disaient rien explicitement mais apparemment la conservation d’une ligne dure quoiqu’assouplie vis-à-vis des voisins n’étaient pas pour leur déplaire.

Au parti l’on conseilla, plutôt Li Wei conseilla, de concentrer l’effort sur les grandes villes pour les élections communales à venir. Les mécanismes de frustration ayant portés l’UDEA au pouvoir étaient plus présents dans les grandes agglomérations. C’était en outre là que se trouvait l’activité économique propre au discours politico-économique du parti et naturellement, les communes des grandes villes et des agglomérations de moyenne importance représentaient des places plus juteuses en matière de gestion d’argent et de compétences économiques, bien plus susceptibles de permettre à l’UDEA de démontrer une capacité de gestion ou alors ces municipalités donnaient une tribune au parti susceptible de lui permettre de rayonner bien au-delà de la circonscription. Autre argument : la majorité des petites villes représentaient des circonscriptions acquises à des grandes formations politiques, parfois depuis plusieurs générations, certaines personnalités politiques étaient jugées inamovibles dans les onze ans à venir par Li Wei. À la frontière vandsienne, les propos moins conservateurs de l’UDEA (jugés anti-militaristes là-bas) étaient mal perçus.

Les rumeurs portant sur des collaborations économiques avec kryptonn et donc l’EKA potentiellement soutenues par l’UDEA attirèrent plusieurs chefs d’entreprises peinant à s’étendre dans la norme actuelle ou tout simplement à survivre, notamment dans la banlieue de Takahama et New-Kobe, de nouvelles cotisations relativement importantes arrivèrent à l’UDEA et des sections du parti pouvaient naître là-bas à tout instant.

Sur le plan privé, Amian avait quatre messages de retard, tous de Carla. Elle prenait des nouvelles, voulait savoir si Amian passerait au bar un de ces quatre et donnaient de ses nouvelles et commentait la reconstruction du quartier dévasté. Les projets de station de métro étaient très intéressants et plus fonctionnels que celles d’avant, les petits commerces repartaient de plus belle et il y avait du retard dans la construction des logements pour autant de bonnes que de mauvaises raisons. Suna quant à lui venait de racheter un bar, dans le Sud de la ville, lui aussi, mais disposant d’un petit restaurant à proximité de trois écoles secondaires, les affaires promettaient d’aller comme sur des roulettes et il venait d'accroître sa contribution au parti de 8%. Il travaillait à un concept de repas sur le pouce et au lancement d’une chaîne -même si lui-même n’y croyait pas trop- mais tout n’était pas encore au point et surtout, classé secret défense, son nouveau point de vente, “. Les fuites venaient toutes de Carla au sujet du concept, le reste de Suna qui donnait fréquemment de ses nouvelles et commentait la situation des petits restaurateurs et de la concurrence sauvage qui régnait dans le milieu. Le bar qu’il avait racheté avait fait l’objet d’une mauvaise gestion de départ, rattrapable mais les concurrents avaient sauvagement profité d’une faiblesse passagère et Suna était parvenu à coiffer tout le monde au poteau, la lutte était sanglante mais il avait une idée “potentiellement fumante” en gestation et les rapaces “dégageaient sévère”.

En dehors de ça les rangers de Yokohama avaient vendus trois joueurs et achetés quatre autres et la promotion qui sortirait l’année prochaine de leur centre d'entraînement risquait de donner du fil à retordre aux adversaires qui feraient l’acquisition -quasiment aux enchères- de cette nouvelle chaire à canon élevée au grain du pays dans la basse cour du club local (célèbre pour le centre d’ailleurs) lors du prochain marché aux joueurs. En hockey l’équipe masculine de New Tokyo semblait partie pour pouvoir participer à la coupe intra-pacte et mettre une volée aux vandsiens même si les clubs de Tsarsysyn et de Jadis allaient mener la vie dure aux aunadariotes. Pour terminer le Handball féminin se portait bien.

Enfin Viktor qui devait passer n’était pas venu. Renseignement pris à l’astroport, il semblerait que sa corvette ait été affectée ailleurs, à une missions sortant de l’ordinaire de la flottille mais presque de routine, un peu plus de contrôle accru contre la contrebande, et le commerce d’être humains.



Un topic pour le siège du parti serait peut-être judicieux afin de pas trop parasiter le sujet du parlement avec d'autres informations. bref un sujet point de chute t'en penses quoi ?



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Amian Ae Saster
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MessageSujet: Re: [New Tokyo] - Palais de l'Aurore (Assemblée).   Ven 1 Juil - 1:03

Il était un acquis à l’assemblée, qui disait qu’en gros, la moitié de la crédibilité d’un député se jouait sur son appartenance politique, et l’autre sur son apparence. Accord tacite qui avait pour effet de faire – obligatoirement – des députés minoritaires des gravures de mode. C’était bassement matériel, mais ça durait ainsi depuis quelques décennies, alors on s’en accommodait. C’est ainsi d’ailleurs que la mode qui devint légendaire dans le pacte de Jadis de porter une étoffe de couleur sur l’épaule gauche venait à la base d’un député d’Aunadar, qui avait tenté un coup - raté – d’être vu plutôt que reconnu.

Enfin, en bref, aujourd’hui on tenterait la cravate verte, c’était permis, on était autre que minoritaire. On n’était la molécule à côté du soleil. La métaphore est parfois une bonne échappatoire quand on attend que le président de l’Assemblée monte à son bureau, son autel. Certains utilisaient des consoles qu’ils avaient dû justifier à leur femmes comme des achats pour les enfants, d’autres lisaient le journal, et enfin, d’autre discutaient de la pluie et du beau temps. Amian méditait dans son coin, échangeant quelques mots avec son voisin qu’il avait appris à apprécier. Enfin, « le boss » arrivait, on allait s’amuser, c’était le dernier lundi du mois, et traditionnellement c’était « à couteau tiré », pas de caméras ce jour-là, et tous les députés présents. Amian avait pu négocier deux questions, qu’il avait bien entendu auparavant faire passer au Ministre qu’il interrogeait. La spécificité d’Aunadar était de laisser, après les deux minutes habituelles, une minute pour chacun des participants, une fois par semaine. C’est-à-dire que si on voulait approfondir une question, on pouvait le faire à condition de choisir son moment. Ae Saster avait prévu de sacrifier sa minute pour sa première question.
Enfin, il avait le temps, il passait environ aux deux tiers de la séance, il se contenterait, avant, de prendre des notes sur les autres députés, sur les diverses remarques et choses entendues, qu’il donnerait à Li Wei qui en était friande, et rendait des rapports synthétiques. On commençait à avoir une documentation sympathique sur chaque député. C’était intéressant pour savoir qui pouvait être recruté… Et comment combattre les autres. Enfin, les questions comme les minutes s’égrenaient, et on s’indignait. Les deux parties majoritaires avaient décidés de lancer une guerre totale apparemment, et le moins qu’on puisse dire c’est que c’était sportif, chaque question faisait l’effet d’un obus à Verdun, éventrant la dignité, enterrant la tranquillité, mère de décibels, on s’indignait, Amian souriait, serein, on lui laisserait l’honneur de donner l’estocade il n’en doutait pas. Bien que… Bien que du monde revendiquait ce droit. On passait du financement de l’armée, à celui de la santé, sans oublier jamais, celui des sports ou autres. Plusieurs députés, ils le savaient bien, avaient enterrés leur avenir politique, mais ce n’était pour le moment que des portes flingues si l’on peut dire. Avec une énorme déception, Amian assista à la mise à mort en deux actes du ministre de la défense. L’opposition l’avait forcé à se mouiller sur un sujet –Vands, qui d’autre ? – et l’avait humilié par une question arrivant juste après, prouvant une méconnaissance. Superbe manœuvre quand on pense que le Ministre avait eu 48 heures pour préparer sa réponse. On murmurait qu’il avait eu le choix entre s’humilier pour une affaire de mœurs, ou admettre ne faire aucun cas de la vie des soldats, entre la peste et le choléra, il avait choisi la méningite. Gloire à lui, il démissionnerait probablement rapidement.


Enfin, une dernière pause, et ça serait le tour d’Amian. Il avait pris l’habitude, avec d’autres députés de sortir sur le parvis du Palais, certains, extrêmement minoritaire fumaient, mais la plupart se contentaient de regarder passer les gens, et de débattre succinctement sur telle ou telle anecdote. La plupart du temps, quelques touristes prenaient des photos des députés, sans probablement savoir qui ils étaient la plupart du temps. Et puis, on lançait aussi quelques blagues légères aux députés qui partaient, ou arrivaient, respectivement en avance et en retard à la séance. C’était d’ailleurs toujours les mêmes. On battait le rappel, il fallait y retourner, le jeune homme était le premier à parler. Ce fut avec un peu d’appréhension qu’il entendit son nom être appelé, et c’était parti.

« Monsieur le président, messieurs les députés, monsieur le Ministre de l’Education Nationale.
J’ai hier, reçu une lettre d’un jeune Aunadariote. Elle m’a particulièrement choqué, car s’aurait pu être moi qui l’avait écrit. Elle me provenait d’une jeune femme qui m’expliquait que n’ayant aucune possibilité physique spéciale, elle n’avait pas été retenue par les Académies militaires, contrairement à moi. C’est d’ailleurs la seule différence qui réside entre cette personne et moi. Ses bulletins scolaires sont superbes, aucune critique quant à ses valeurs, vous savez aussi bien que moi ce que cela traduit. Bref, quel est le problème de cette jeune fille ? Vous l’avez deviné, elle n’a pas d’argent, et encore moins de relations. Ces relations que nous avons, y compris dans la constitution – sur laquelle tous ici présent nous avons jurés – promis de rendre totalement inutile, prônant la méritocratie. Quand enfin en arrivera-t-on à respecter nos paroles ?
En bref, je continue, notre beau pays a quelques capacités pour promouvoir les jeunes de milieu non favorisés, dont les académies spéciales, elles produisent l’excellence, j’en suis la preuve vivante (ah ah), mais recrutent bien peu, et à côté de combien de personnes passons nous ? Beaucoup. La plus grande défaite, c’est que la plupart de ces personnes à très haut potentiel, méprisés, ne sont pas perdues pour tout le monde.
Cette personne qui m’écrit est aujourd’hui ingénieure dans une grande entreprise de Jadis, qui nous protégeant, ne se prive pas de donner des bourses à nos jeunes. J’ai compté environ que sur les cent meilleurs élèves du pays par génération, vingt-huit n’ont pas l’argent pour terminer leur formation comme ils le devraient. Six sont repêchés par les Académies spéciales… Dix sont recrutés par des pays étrangers et ne reviennent quasiment jamais. Les autres ne deviennent rien, rien du tout. Enfin si, un par an ou deux parfois sont dans les dix ans qui suivent la fin des études retrouvés morts ou en prison. C’est assez apeurant quand même non ?
Alors, je vous le demande, combien de temps donnerons-nous nos plus grands talents à la pègre, et aux étrangers ? Car même s’il existe parfois des aides pour les frais d’inscriptions, ce ne sont que des déguisements. Aucun logement pour les jeunes ou presque qui soit abordable, sans parler des bilans médicaux ou des divers concours, dans d’autres villes, qui ne sont pas couverts, bref, j’aimerais avoir des réponses pour les jeunes issus de milieux non favorisés. »


Il avait beaucoup éludé son propos, et l’avais déformé aussi. A la base, il comptait parler d’un message réel qu’il avait reçu la veille, d’un prisonnier d’Aunadar, mais, voyant le raccourci qui serait fait, il avait préféré développer sur un autre message, plus ancien, réellement en provenance d’une ingénieure désormais émigrée. Ça avait été bien trop vindicatif avant pour qu’il n’en rajoute, aussi, avait-il visé à parler de ce sujet qui lui tenait à cœur, sans braquer personne, espérant vraiment une progression. Il n’avait pas oublié de citer ses sources, provenant d’un laboratoire de Sociologie de Nouvelle Séoul. Quelques députés maugréèrent, mais la plupart acquiescèrent, car c’était un état de fait. Seulement les partis ne comptaient pas trop se mouiller à ce sujet, l’électorat des étudiants étant par définition limité, ainsi que leur pouvoir de nuisance. Et les parents dans les milieux non favorisés n’avaient plus vraiment d’espoir et ne votaient pas énormément.
Il y avait eu la réponse (Alex, à toi), on était déjà passé à une autre question, question d’un membre de l’ULD qui n’était pas tendre avec l’opposition directe, comme d’habitude, ça tapait bas aujourd’hui décidément, on tirait pour humilier, et non pas pour tuer, ce qui est une forme de marque de respect au fond.
Comme la pluie sur le dôme, les coups bas tombaient dru, les quelques députés minoritaires étaient bien content de l’être, ils étaient épargnés, les mitrailleuses vocales présentes chez les deux partis majoritaires ne respectaient aucune convention, femme, vieillard, s’il y avait eu des enfants, on les aurait massacré aussi, en tirant un peu moins en avant, ils courent moins vite, comme chacun le sait. Le Tonnerre faisait son effet, l’atmosphère devenait irrespirable, malgré le travail exceptionnel abattu par les climatiseurs, on sentait le chaos arriver, une ouverture viendrait à coup sûr, et l’uppercut serait l’estocade, personne ne pouvait savoir quel parti prendrait le dessus, mais Amian sentait bien qu’il ferait bien de se faire oublier, et il commença à diluer là aussi sa seconde question. La seule obligation qu’il avait été de rester dans le même fond, la forme n’avait aucune importance en cette séance. Celle-ci s’éternisait, la plupart des questions demandaient approfondissement, et désormais il ne manquait plus aucun député. Chaque question était le théâtre de hués voir parfois de jets de boules de papiers, ce que le président notait systématiquement dans son rapport. Cela en devenait gênant, comme systématiquement quelques personnes étaient présentes au-dessus de l’hémicycle en tant qu’observateur, ainsi qu’une délégation étrangère. Il était l’heure pour Amian, alors solennellement, il se releva, il repris le micro, resalua toute la salle, et enclencha le chargeur.

« Au Ministre de la Culture, de la Société et des Communautés
Monsieur, nous connaissons tous ici parfaitement l’histoire d’Aunadar, et je connais ici, mieux que quiconque, la difficulté du vivre ensemble, quand nous avons une culture différente. Je suis persuadé que notre pays gagnerait à créer un réel mortier, qui nous souderait tous. Je sais bien que les Caucasiens sont vraiment très minoritaire, aussi je ne parle pas de cette communauté, je pense surtout aux diverses populations asiatiques, qui ne parlent pas toute le même dialecte, et n’ont pas toute le même vécu. Nous avons longtemps voulu être jacobin, prôner une union totale des cultures oserais-je parler d’une assimilation ? C’était logique et légitime au lendemain de la guerre, car nous l’avions subi du fait de notre – de votre en fait – couleur de peau, aujourd’hui nous sommes un pays totalement souverain, nous nous devons de respecter notre diversité, source d’ailleurs de notre nation, née de ce consensus.
Aussi, j’aimerais savoir ce qui s’oppose au fait d’autoriser l’apprentissage en premier cycle de dialectes locaux ? J’aimerais aussi savoir ce qui nous empêche de créer une réelle étude de l’histoire des populations d’Aunadar, plutôt que cette sitcom que l’on nous présente, ne montrant aucune diversité. On a presque l’illusion de tous venir de la même ville, de la même rue, de la même maison sur Terre, c’est bien entendu faux.
Je ne saurais demander une amélioration des programmes scolaires, non, je dis amélioration, je devrais dire modification pardonnez-moi, mais une autorisation légale de créer des musées relatant l’histoire des communautés majoritaires d’Aunadar serait-elle tellement dangereuse pour l’état ? Nous ne risquons plus de scission je pense. Merci monsieur le Ministre de clarifier ces points. »


Il se rassit, un peu honteux au fond, sa prose était bien plus vindicative, mais il ne voyait pas la nécessité aujourd’hui d’être hostile. Les deux camps se massacraient bien assez allègrement, autant faire la différence. Il savait que les auditeurs le reconnaitraient, il était le seul caucasien, il était jeune, et son visage était globalement assez connu, notamment depuis les accidents mystérieux de Nouvelle Tokyo. La séance se poursuivit, quasiment encore plus méchante qu’auparavant, on n’enregistra pas forcément d’autres futures démissions, mais personne ne douta plus désormais du fait que les élections étaient déjà lancées. La séance terminée, Amian rejoignit sa commission, à propos des entreprises à protéger. L’une d’elle venait de développer un nouveau concept, enfin, elle le peaufinait depuis déjà longtemps, mais les essais, en partenariat avec l’armée Aunadariote venait de s’achever, et la version débuguée, ou déplâtrée, venait d’entrer en service, les étrangers avaient entendus parler du concept et s’y intéressaient de très près, trop près même pour certains.
Le rapport de l’entreprise se concluait de cette façon, si on avait voulu le synthétiser.
« Nos logiciels ne peuvent pas réellement aujourd’hui avoir d’utilisation dans les vaisseaux les plus lourds, néanmoins, toute puissance travaillant en grande partie sur ses appareils les plus légers gagnera énormément à les utiliser vis-à-vis des conditions standard » On parlait donc discrètement d’exportation.
« L’entreprise n’est pas encore admise dans le cercle protégé des entreprises stratégiques, et ne bénéficie donc pas actuellement des protections de l’état ». Les députés désormais assurés de la maturité et de l’adéquation du système rapportèrent encore leur intention de parer à cela et de protéger l’entreprise. On attendait que l’état agisse.
Au sujet des mairies on avait estimé des avancées dans plusieurs districts de nouvelle Tokyo, mais seul l’un des arrondissements pouvait être espéré réellement, celui de Li Wei. On jugeait qu’une place au conseil municipal, même dans l’opposition y était très accessible. Pour Nouvelle Séoul et plusieurs villes mineures, on visait clairement à s’emparer de la mairie centrale, et, uniquement pour cette ville, l’effort de l’UDEA et sa poussée dans les milieux estudiantins, lui donnait des effectifs et possibilités matérielles comparables à l’opposition.
Une réunion avec les milieux entrepreneurs de l’UDEA eu lieu, on défendit la création de « Task Force » Nationale selon les secteurs d’entreprise, existant globalement déjà, mais cette fois destiné totalement à l’exportation, à la veille des marchés étrangers, et le conglomérat permettait des contrats groupés, y compris sur plusieurs secteurs différent. Pour gagner en visibilité et en nombre d’adhérent, il fallait forcément que l’UDEA gagne une légitimité, une mairie serait sympathique oui, mais il fallait plus, toujours plus.
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MessageSujet: Re: [New Tokyo] - Palais de l'Aurore (Assemblée).   Mar 5 Juil - 18:55

Le ministre, démissionnaire, fut vite remplacé et celui-ci fut mit en “pause” pendant un instant. Tout le monde savait qu’il pesait un certain poids politique et que le lâcher comme ça n’était pas possible. L’on savait que d’ici six ou sept mois des postes d’ambassades se libéraient, ainsi qu’un siège à la Commission du pacte de Jadis. Bref, il y avait le choix, sans parler de possibles reconversion au sein d’une entreprise privée. C’était à vrai dire la plus grande frayeur : qu’une entreprise étrangère ne mette le grappin dessus...

La réponse du ministre ne se fit pas attendre.

-Le cas de mademoiselle Yoa Ming est malheureux et il est en effet déplorable que nos multiples instances ne l’aient pas rattrapées à temps. Je ne peux que constater cependant que septante-deux pour-cent de nos jeunes gens disposent des moyens financiers pour poursuivre des études, trouvent une garantie ; que parmi les vingt-huit pour-cent de malheureux, les statistiques du ministère de l’économie, confirmant celle de mon ministère, démontrent que 40% d’entre eux font preuve de négligence dans la gestion de leurs prêts ou même le dépensent de manière totalement inconsidérée dans des préoccupations n’ayant aucun rapport avec les études suivies, et il ne s’agit pas toujours des plus démunis... Nous constatons également que les étudiants ou ceux désirant poursuivre des études supérieures sont très mal informés ou même de s’informent même pas des nombreuses voies non marchandes susceptible de leur venir en aide. Qu’il s’agisse des associations de parents de nos écoles secondaires de haut niveau, des fondations universitaires auxquelles cotisent de nombreuses familles aisées. Je me contenterai de prendre l’exemple de Nouvelle-Séoul où la Fondation Yin Yan cette année s’est retrouvée avec des excédents propres à financer une année d’étude pour sept cent personnes en plus des deux milliers de boursiers. Le système des bourses publiques, pour des raisons évidentes de limitation des abus, n’accorde pas de seconde bourse à des étudiants redoublant, surtout lorsqu’ils ne présentent pas l’intégralité des épreuves qu’ils sont supposés affronter. Sont concernés 4% du total des étudiants soit un étudiant sur sept parmi ceux que vous déplorez, je ne dresserai même pas le tableau de ceux qui perdent tout crédibilité aux yeux de leurs bailleurs en ne prenant pas leurs études au sérieux pour un sou. Un système de bourse publique mieux financé exigerait également un accroissement des recettes de l’Etat, et une volonté réelle de maintenir ces recettes, or il est des gens dans cette assemblée qui s’empresseraient de détruire ce que nous avons crées péniblement, il est des pouvoirs locaux détenus par certaines minorités de l’Assemblée qui n’hésiteraient point à briser tout effort, notamment en accroissant le prix des logements publics étudiants pour le meilleur et pour le pire, le meilleur pour eux sans aucun doute.

Ce gouvernement a proposé, lors de la dernière législature, trois projets. Le premier consistait en la fixation de barèmes impératifs, y compris pour les bailleurs privés. Ce système envisageait la limitation de sommes prêtées par des acteurs privés en cas d’indigence manifeste et de garantie faible, le prêt n’étant accordé qu’à hauteur de la caution. Le second était l’accroissement des recettes afin de financer le système public d’aide aux étudiants. Ceci, je le rappelle, avait été catégoriquement refusé par l’opposition,
cria le ministre pour surmonter les huées. Un stylet pour table informatique fila vers lui (il n’y avait plus de papier à gauche), rebondit sur le rebord du pupitre et atterrit... Dans la main du président de l’assemblée, situé plus haut. “je confisque à défaut d’envoyer le responsable au coin”. Rires.

-Enfin le troisième projet, s’accordant bien avec les deux premiers mais si adopté en plus d’un autre, rendant la pression fiscale insupportable pour le citoyen, consistait en la construction de logements étudiants publics supplémentaires. La dépense n’est pas petite et exigerait des années de travaux pour répondre à un problème urgent. Là encore, la précédente législature a connu plusieurs torpillages dans la rédaction technique. Ces attaques en sous main ont anéantis plusieurs mois d’effort...

Mais je suis certain que vous avez une proposition sur la question...


Le ministre de la culture répondit d’un ton beaucoup plus catégorique que son collègue.

-Ces questions touchent davantage mon collègue en charge de l’éducation. Je répondrai cependant qu’en termes budgétaires, il serait malvenu de financer de tels programmes alors que les défis de maîtrises technique pour tout futur diplômé d’Aunadar sont sans cesse plus importants. Il convient de rendre la plage horaire des élèves la plus rentable possible et dialectes ne sont pas une priorité ou même un objectif de ce gouvernement. La sensibilisation extra-scolaire est déjà en place tous les jours et mise en oeuvre par les pouvoirs locaux sur fonds propres, ils bénéficient de l’appui de mon ministère. Une financement est tout à fait envisageable mais les droits de regard du gouvernement doivent être proportionnels à la dépense. Il serait inique de demander à ce gouvernement d’enterrer l’unité aunadariote avec ses propres budgets.


Au sujet de l’entreprise, l’on finit après de longues discussions, de se faire montrer le prototype et l’on demanda une présentation plus complète...

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MessageSujet: Re: [New Tokyo] - Palais de l'Aurore (Assemblée).   Mar 5 Juil - 20:01

Avec un sourire non dissimulé, Amian utilisa sa minute, visiblement il était ravi de son coup, qu’on appelait « la commode », car si l’on devait, en effet, citer les questions aux Ministres, rien n’obligeait de le forcer à s’orienter vers une réponse, et à l’assassiner par la suite dans une réponse qui tenait plus du guet-apens que d’autre chose.
- Parce que vous m’insultez, parce que vous insultez tous les membres de cette assemblée, même si nos amis à ma gauche et à votre droite ne le reconnaitront pas, je ne vous retournerai pas la pareille. Il est bien malheureux cependant que la plupart des gens ne se rendent pas compte de l’ignominie de votre propos.
Ho oui, 72% des élèves les plus doués sont issus de milieu supérieurs, c’est une agréable nouvelle, qui prouve d’ailleurs les inégalités de notre société, sauf à considérer que 72% de notre population est riche, auquel cas, nous sommes en Cocagne. Pour les trois quarts de nos élèves donc, un avenir est tracé, quid des autres dont l’immense majorité ne perce pas ?
Je m’attendais bien à ce que vous suiviez ces statistiques, issues comme on le sait tous (ricanement) d’un organisme indépendant.
Je pense que l’Assemblée a le droit de savoir quels sont les critères pour passer aux yeux de certains pour des fainéants, ou pire. Les dépenses inconsidérées, c’est d’utiliser la bourse pour s’acheter à manger, plutôt que pour les livres et autre frais scolaires. Oui, c’est inconsidéré de se nourrir pour le pouvoir.
Je continuerais sur les informations, sachez qu’elles ne sont disponibles que dans l’immense minorité de nos écoles – moins de 5% - et que sinon il faut faire deux courrier au rectorat pour qu’on vous procure dans le mois une brochure ! Et après ça, ils sont mal informés, c’est surprenant qu’il y en a certains qui le soient en fait. Et puis, pour obtenir ces bourses, vous savez comme moi, notamment pour les fondations privées, qu’il faut répondre à certains critères. Je pense que tout le monde dans cette assemblée se rappelle du scandale, quand dans la charte de l’une d’elle, on exigeait une déclaration sur l’honneur de « bonne pensée ». Ca ne m’étonne pas que vous défendiez vos défenseurs. C’est d’ailleurs surprenant que ces personnes dans ce cas-là ne trouvent nul étudiant à protéger !

Enfin, ce qui me choque ce n’est pas du tout que les bourses soient, comment dire, réservées à peu de monde. Non, ce qui me choque c’est que les frais d’inscriptions soient énormes, et que, là où dans la plupart des pays développés, les boursiers sont minoritaires, ici ils ne le sont pas. Pourquoi y aurait-il besoin spécifiquement chez nous de plus d’argent ? Ah, on me dit qu’on est le seul pays à se tenir en état de guerre alors qu’on sait qu’elle n’arrivera pas. Enfin, je reviendrais plus tard sur cette question.
Pour ce qui est des logements étudiants… Je vous invite à lire le rapport à ce sujet publié par l’observatoire national, et indépendant – lui – de la vie scolaire, qui explique que le cout d’entretien d’un pour cent des parcs de nos établissements supérieurs…. Est l’équivalent de ce qui serait nécessaire pour résorber 80% des besoins immobiliers.
Après, on peut crier à l’insécurité pour l’état, ce n’est pas mon avis, merci monsieur le Ministre de nous montrer que l’ennemi se trouve réellement partout.





Pour le Ministre de la Culture, le jeune orateur fut plus déçu, il n’aurait en effet pas cru que ne pas être originaire d’Honshu donnait dans le stéréotype de New Tokyo, semblait être un risque pour l’unité d’Aunadar, il n’en dit mot, et, comme ses amis députés aujourd’hui, ne mâcha pas ses mots. Heureusement se disait il que Carla lui avait donné l’idée de consulter les programmes des sections générales des plus jeunes.
- Oui, il est bien connu que la plupart de nos étudiants travaillent dans le secteur technologique, et industriel. Il est aussi bien connu que des enfants mal ou peu intégrés font souvent des grandes études.
Enfin, on parle de rentabilité, alors messieurs, j’aimerais vous demander pourquoi – je cite les programmes des enfants d’avant cycle, qui ont moins de 15 ans et sont donc en éveil scolaire – nous étudions les statuts dans la société des infirmes dans l’Union, pourquoi, je cite toujours la même source , pourquoi étudions nous l’histoire des populations de divers mondes mineurs, apprenant ainsi par exemple, que sur Théodul, la femme stérile est considérée comme un homme au moment de voter. C’est très rentable pour l’état. Il est amusant de noter ce mépris souverain que vous avez pour la population monsieur le Ministre.
Pour ce qui est de l’extrascolaire, ou du périscolaire, nous parlons donc ici du cœur de votre portefeuille, vous devriez avoir moins de mal à me répondre, donc en effet, là aussi, les municipalités riches, ou plutôt les arrondissements riches, peuvent fournir et « culturer » la population, leur population. Pour les plus pauvres, comme d’habitude, on verra plus tard.
Je note aussi que vous considérez, monsieur le député, que donner aux gens la possibilité d’exprimer toute leur identité culturelle, dans son entièreté, en fait des dangers pour l’unité d’Aunadar. Des Terroristes de la culture. Après l’entretien de l’arbre du fond, l’Aunadariote Coréen, notre vie est vraiment pleine de danger en fait !


Le prototype avait été montés sur une escadrille de chasseur pilotés par des pilotes de la Force Aérienne, sans aucune formation spécifique, ils avaient affrontés à trois reprises sept escadrilles différentes dont deux étrangères, et avaient gagnés par le terrible score de 20-1. L’utilité des quelques micro secondes gagnées semblait bien être démonté, surtout que le cout était mesuré, on estimait la modification au prix d’1.2% du prix total de l’appareil, et de 0.4% d’augmentation pour les appareils neufs.
Les powerpoints furent nombreux, venant de divers horizon, Armée de l’Air, Goupement d’Entreprise, AirTech, et montraient tous un consensus autour de cette solution, on notait d’ailleurs de plus en plus de visiteurs étrangers acrédités pour assister aux démonstrations dans les divers salons où l’invention était présentée.
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MessageSujet: Re: [New Tokyo] - Palais de l'Aurore (Assemblée).   Mer 13 Juil - 19:16

Il y eut un petit débat, quelques remarques grandiloquentes de tous à l'intention des minutes parlementaires et enfin l'on vota pour l'appui gouvernemental et l'entreprise fut acceptée, au ministère de l'économie de trouver l'argent nécessaire. Et la tâche s'annonçait ardue, mais il y parviendrait... Les députés ULD votèrent favorablement à l'unanimité...

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MessageSujet: Re: [New Tokyo] - Palais de l'Aurore (Assemblée).   Jeu 21 Juil - 20:06

Un cancre, une honte ! Cela faisait deux petites semaines qu’Amian n’avait pas mis les pieds à l’Assemblée, tiraillé entre Nouvelle Séoul et les divers états major de l’Armée Aunadariote, il n’avait pas fait preuve de son supposé don d’ubiquité, lui non plus.
En effet, il était courant chez les Aunadariotes pour moquer les députés qui étaient partout sauf à l’Assemblée de dire qu’ils avaient un don d’ubiquité, une moitié à recevoir les primes à l’Aurore, et l’autre en train de faire campagne pour être réélu. Personne n’avait pu prouver cette supposition, et c’était au fond relativement logique.

En fait, il fallait rendre et diffuser le rapport clef de sa principale commission parlementaire, sur la défense. On devait en effet exprimer une opinion objective sur les financements stratégiques de l’Armée. Ceci était hautement politique, mais les Aunadariotes étant culturellement très fiers de leur pays et très patriote, il était communément admis qu’une Armée forte était plus que prépondérante dans l’existence internationale d’un pays. Objectivement, on avait jamais tenu beaucoup rigueur aux dépassements de budgets, ni aux énormes propriétés terrestres de l’Armée. Même si parfois une tête tombait, des remontrances fusaient, ceci restait fort courtois.

Au sein de la commission régnait un dilemme, qui dépassait tous les clivages politiques d’ailleurs. Certains, conscient du manque de potentiel d’Aunadar, et de l’immense arme de dissuasion qu’était le gluterstream, prônaient une armée défensive, avec des vaisseaux uniquement destinés à en démolir d’autre en orbite de Bavandar, et surtout des défenses Sol-Air de tout premier ordre. L’art reconnu des ingénieurs Aunadariote dans les conduites de tir devait permettre de toucher des vaisseaux dans à eu prêt toutes les situations.
Les autres, plus ambitieux, se disant plus patriotes, pensaient au contraire qu’un pays qui en a les moyens doit se doter d’une Armée qui peut influer sur la politique étrangère. En gros, doter la flotte d’appareils apte à intervenir dans la plupart des contextes d’intensité moyenne – en coalition sur diverses planètes, et même pour certains capables d’être dérivés en vaisseaux explorateurs, destinés à visiter la galaxie. La visée était d’ailleurs assez légitime et logique, la conversion pas réellement difficile, le profil des appareils étant le même, seuls leurs équipements changeants. Le jeune Caucasien n’avait pas encore exprimé un avis tranché. Il était censé représenter un tampon entre l’ULD et leurs opposants, mais aussi, ayant étudié dans l’une des deux académies de la flotte pendant seize ans, on lui accordait une réelle légitimité dans les interrogations communes, mais tout le monde était bien conscient qu’il n’avait pas un poids politique suffisant pour se dresser contre une moitié des pontes de l’Armée. Aussi était-il plus consultant que réel combattant. Cependant l’échéance approchant, et les pressions politiques s’accentuant pour avoir un avis tranché, on avait finis par faire feu de tout bois. Tous les députés avaient été envoyés par paire dans un peu tous les sens, partout où il était possible de discuter avec des officiers, des officiels, des industriels et autres, et de fait Amian avait été mis en avant, car légèrement consanguins, les militaires avaient du mal à parler à ce qu’ils ressentaient comme des « rats démago », le cadre de l’UDEA passant lui pour un « demi rat » étant donné qu’il n’avait pas suivis leurs formations, était quasiment un messie. Mais les ennuis continuaient, car dans l’Armée, les mêmes questions se posaient, défensif, expansif… Au fond, on aimait tous l’idée de porter le feu chez les autres, mais on se demandait surtout si on en avait les moyens. Alors là aussi, une bataille feutrée, bien que menée par des hommes en uniformes au regard froid, dur et droit, habilités à tuer pour la survie de la nation, bref, le combat était peut-être même encore plus discret, doux mais au fond amer que dans les salons de l’Assemblée.
Au final, on tapa plus de pages de rapport en deux semaines que pendant les quatre mois précédent. Il était quasi systématique qu’Amian passa ses soirées avec d’autres députés. Il découvrait d’ailleurs en eux des personnes intéressantes et brillantes… Et profondément déterminées à servir leurs pays, au-delà des clivages politiques. Ceci l’emmena à reconsidérer sa position quant à la guerre totale qu’il entendait livrer. Même dans les grands partis il restait des hommes fidèles plus à leur pays qu’à leur pouvoir. Il restait des hommes pour rêver. Ce fut d’ailleurs au cours d’une petite tournée après une soirée qui avait été fertile en termes d’heures de travail, qu’un membre de l’opposition lui demanda s’il avait vu beaucoup de « statukyste » autour de lui dans cette commission, il ne put que répondre en toute sincérité que non. Ce qui, lui sembla t’il surprit légèrement son contradicteur qui effaça rapidement cette émotion de son visage. Enfin, il était un peu surprenant de voir comment les heures de concentration et d’entraide effaçaient totalement les fossés pourtant incomblables qui séparaient les représentants de divers partis.

Les rapporteurs devant l’Assemblée, après moult polémiques, après moult débats et moult questions insidieuses comme vicieuses, et moult engueulades algarades disputes brisures et colère noires soufflées par les plus grands vents d’Aunadar furent unis dans leur réponse.
Il leur semblait en effet clef de développer des capacités expéditionnaires. La défense Air Sol et surtout le développement de ses conduites de tir était bien trop ruineux pour un bénéfice ridicule. Et il était peu probable qu’un quelconque état puisse attaquer Aunadar sans se mettre et l’EKA, et le PdJ à dos.. Et si un état était assez puissant pour faire fi de ces, justement, puissance, ce n’était pas quelques batteries, malgré toutes leurs qualités, qui les arrêterait. Aussi dans le rapport on consigna l’importance économique et culturelle de maintenir le peuple unis derrière un objectif « Ultramarin » commun. Sous entendant qu’une expédition sous l’égide de la Défense ne serait pas une mauvaise idée, et que ses apports en terme de recherche pourraient servir à de nombreuses branches de l’économie Aunadariote. On exprima aussi la nécessité pour l’industrie du pays de vendre à l’exportation, et le fait d’intervenir dans l’escorte lointaine des convois, et autres, permettrait d’exposer le savoir-faire de la Nation Jaune comme on les surnommait dans toutes les nations connues.
Pour finir, il était toujours mieux de porter le feu chez l’adversaire que de devoir le subir chez soi, avec son lot de dommage collatéral. Qui plus est, il serait aisé de dériver un nouveau panel de vaisseau d’un potentiel nouveau fleuron de la flotte, endurant et lourd, sans être non plus trop massif.

Ce rapport n’avait légalement aucun poids, il concernait juste l’avis de quelques élus d’Aunadar, désignés par l’Assemblée du peuple pour exprimer une opinion quant à la direction que devrait prendre l’Armée Aunadariote à l’avenir.
Plusieurs centaines de pages composaient cet ouvrage, quelques graphiques, de nombreuses sources, mais aussi beaucoup d’image, de vue d’artiste et de citation des divers acteurs de l’aérospatiale « jaune ». Malgré l’attachement qui se développe toujours pour un travail dans lequel on met toute son âme. Malgré la petite excitation tout à fait égoïste qu’il existe quand on présente un travail dont on est fier en public, et qu’on sait être le state of the Art. Ce ne fut que sans regret qu’il quitta l’Aurore et ses salons les plus profonds. Après quelques viriles poignées de main et quelques dernières blagues sur des références propres à cette commission il finit par rejoindre les « Sabres Déchus ». Un sabré déchu, pour un fils prodigue, il fut évidemment reconnu par tous les habitués, et seuls quelques étrangers, touristes, caucasiens pour la plupart ne surent pas qui il était. Les présentations vite faites il partagea quelques discussions animées, attendant que Carla finisse son service pour la prendre et l’amener chez lui. Pendant ces deux dernières semaines, encore une fois, il n’avait pas été très disponible, et il ne put que s’en excuser platement, en lui offrant, un collier de Perles de Nago, relativement réputé sur Aunadar. Il était bien au courant, qu’on achetait pas les amis avec des cadeaux matériels, aussi il lui donna de son temps, et passa la soirée avec Carla. Une sorte de pyjama party, devant un film minable ils refirent encore une millième fois le monde, partageant un verre d’un vin doux, et regardant le ciel d’Aunadar, à la recherche de quelques étoiles filantes, qui pour changer ne se montrèrent pas. Les seules que l’on put voir furent en fait un convoi et son escorte, qui scintillait dans une nuit de bleue vêtue. C’était peut-être Vicktor qui revenait, il était censé passer à New Tokyo dans le mois, mais pas si tôt en théorie. Ces quelques étoiles de métal, d’armes et d’humanité lui rappelèrent son travail des dernières semaines, et il ne put s’empêcher de songer à cette galaxie trop calme, mais d’après tous les rapports, à un pas de l’implosion. Il devenait plus difficile d’être rêveur dans ces conditions. Non ? Il allait interroger Carla mais celle-ci dormait, en position fœtale comme à son habitude. Un léger baiser sur son front blanc, une petite caresse dans ses doux cheveux bruns, et il rejoignit le canapé. Il aurait pu dormir avec elle. Il aurait pu… Mais ce soir il voulait dormir dans un canapé. Se rappeler les nuits difficiles que passe l’étudiant.
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MessageSujet: Re: [New Tokyo] - Palais de l'Aurore (Assemblée).   Ven 22 Juil - 15:55

Si chaque camps politique (camps transversaux aux partis politiques quand on se penchait sérieusement sur la question) était relativement égal quant à l’attitude à adopter en matière de politique militaire. Il s’avérait que les tenants du bandwagoning à savoir l’adoption d’une politique ultramarine préférant l’intervention en coalition, de préférence avec un adversaire puissant mais qui trouverait un réel avantage dans le soutien d’Aunadar, considéraient comme important de pouvoir disposer d’une capacité de défense orbitale contre un adversaire peu puissant mais susceptible de mener une attaque surprise. L’on visait clairement Vands et, implicitement, Bavanne, dont le caractère proto-expansionniste, dans l’espace en tout cas, était connu et reconnu sur la planète.

Enfin les programmes de défense, notamment en matière aérospatiale devraient-ils l’être en totale souveraineté ou devrait-on requérir l’assistance étrangère dans certains domaines ? Avec quelle armée devait-on chercher la compatibilité opérationnelle...?

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MessageSujet: Re: [New Tokyo] - Palais de l'Aurore (Assemblée).   Ven 22 Juil - 18:36

Le weekend avait été court. On l’avait partagé entre vingt heures de sommeil ; un petit tour à Tokyo Plage, un match interminable contre les vétérans le samedi, et on l’avait clos dimanche, par une mémorable soirée en famille à la Brocéliande. Lundi était prévu une séance matinale à l’Assemblée, assez généraliste elle permettait aux députés, sans distinction de camps, de demander des précisions sur tous les rapports qui étaient désormais rendus, les deux derniers ayant été, comme nous l’avons vu, ceux sur le plan quinquennal de la Défense, et ceux sur les réformes de l’éducation Nationale. Si certaines dents grinçaient parfois, on considérait plutôt constructive que politique les séances de précisions sur les rapports. Par contre elle préparait la position des partis les uns par rapport aux autres sur quelques sujets clef. Il était donc assez crucial de faire bonne figure lors de ces sessions. On était ici très loin du cérémonial, toutes les tenues étaient autorisées, et les costumes étaient quasiment proscrit, en fait ils l’étaient, mais c’était tacite. Après, tout le monde célèbrerait le premier tiers, en mangeant ensemble dans les jardins.
Les questions réservées à la commission d’Amian étaient surprenantes sans l’autre. On se doutait bien qu’on parlerait de souveraineté, on en parlait à toutes les sauces sur Aunadar, par contre la notion de défense orbitale surpris un peu plus, ce fut Monsieur Benta lui-même qui s’occupa de cette partie. En substance, il expliqua que les défenses actuelles seraient maintenues, entretenues, et upgradées de façon mineure, mais qu’en tout état de cause, elles suffisaient déjà à maintenir à distance les deux autres puissances, même unies. De fait, développer des armements supérieurs en qualité, couterait énormément pour un apport bien moindre. Surtout que Vands comme Bavanne risqueraient beaucoup à s’attaquer à Aunadar, étant donné qu’il y avait perpétuellement des vaisseaux étrangers stationnés dans ce pays, notamment les escorteurs des immenses tankers étrangers venant chercher du Gluterstream. A tout seigneur tout honneur, c’était Amian qui avait dirigé l’équipe qui traitait de la souveraineté ce fut donc lui qui précisa l’avis de la section parlementaire à ce sujet, qui n’était que consultatif.

- On cherchera, dans l’absolu, à maîtriser toutes les technologies que nous utiliserons. Ceci n’empêchant pas, dans le cas de technologies déjà développée et possédant un marché propre, l’achat sur étagère, de solutions plus fiables dans le contexte où nous les recherchons, moins chères… Ou autre. Mais les vaisseaux formant l’ossature des flottes Ultramarine, qui restent à développer, s’ils seraient résolument modernes, n’emporteraient pas ou peu de technologie de rupture, si ce n’est pour effectuer du soutien aux exportations. Dans certains domaines clefs, notamment les CAM, nous pourrons acheter à l’étranger, mais nous achèterons sous licence. Ce sera peut-être plus cher, mais nous devons maîtriser tout de nos appareils, sinon nous serons dépendants de l’accord de nos fournisseurs étrangers pour vendre à l’étranger nos produits. Si toutefois cet avis était fait sien par l’Assemblée et le Gouvernement, nous proposons en sus d’ouvrir à toutes nos PME classées stratégiques ou non, de proposer leurs derniers produits, qui seront tous regroupés sur un démonstrateur. Après, ce sera à la flotte de valider ou non l’achat en série, et de proposer de potentielles modificiations. Mais je tiens à insister sur ce point, pour ce qui est des centres névralgiques du vaisseau, comme sa propulsion, ses systèmes de détection, ou son bouclier, ne subiront pas de révolutions. Tout aux plus quelques évolutions de détail.



On avait élargi la question de souveraineté, mais ce qui, au béotien, aurait pu ressembler à du zèle parlementaire résonnerait probablement nettement plus clairement dans l’oreille des députés, industriels et militaires. On alliait ces trois domaines dans l’analyse de l’Armée de demain, et on tenait à le faire savoir, en creux. Enfin, pour le plus diplomatique, ce fut à un brillant ex plénipotentiaire de Kim Niembey de parler. Un ancien ambassadeur sur Seranon et Krypton. Membre de l’ULD il était député et maire de Nagoya II, dont il était probablement le ressortissant le plus connu. Lentement, dans ce style qui le retranscrivait tellement bien, il prit place. Sans son costume traditionnel mais vêtu d’une chemise jaune, il avait pourtant l’air si austère qui le caractérisait bien, et qui lui valait le surnom taquin, dans la presse Aunadariote de Monsieur Hu. Qu’on pourrait traduire en Français par Jean Dupons, ou Mathieu Martin, et en Anglais par John Doe. Simulant une pointe de trac, que tout le monde lui savait étranger, il aborda le dernier sujet. En fait de trac, c’était un peu d’empressement, traduit par son embonpoint, car après lui on irait partager la dinde, et ça, ça valait tous les discours du monde.

- Vis-à-vis des étrangers… Nous avons été objectifs. Si nous fournissons un vaisseau, nous devons produire aussi son escorte, son groupe, et au fond, son écran. Si nous pouvions construire un vaisseau roi, au plus haut niveau technologique de la Galaxie, je parle des puissances humaines, nous ne pourrions ni financer son escorte, ni même en financer plusieurs ! Et nous n’avons pas la tradition dans les immenses vaisseaux pour en tirer la quintessence rapidement. D’un autre côté, si nous nous contentons de jouer les utilités, avec des vaisseaux de logistiques, nous garderons cette place de second voir troisième rideau.
Nous avons donc considéré que nous devions produire un vaisseau de soutien, plus puissant que nos actuels Croiseurs, et ceci en tout point, afin que ceux-ci puissent en être l’escorte. Ces vaisseaux lourds devront cependant pouvoir être en première ligne dans la majorité des situations, et nous donner une situation de partenaire important, bien que minoritaire, dans les coalitions.
Nos alliés naturels sont l’UTE, oui, mais aussi l’EKA. C’est une chance, les profils généraux de ces flottes sont assez semblable dans le fond. C’est donc bien autour de ces deux puissances que nous devrons travailler. Ceci impliquant entre autre des formations communes, divers partenariats, et ne semble pas impossible. Des exercices tripartites en commun pourraient aussi être une politique d’ouverture.


Sur ces bons mots, on considéra comme close la séance, et avec l’empressement de la lenteur obligée, on rangea les affaires, on se sourit, quelques poignées de main, et on se dirigea vers l’extérieur, où les tables déjà tendues attendaient les panses à remplir, elles étaient déjà chargées de mets, et d’agréables hôtesses aux couleurs de diverses institutions publiques avaient commencées le service. Amian eu la surprise d’être placé avec monsieur Hu.
Ce fut un bon repas, préparant un bel après-midi, où, nonobstant quelques parties de pétanques, on discuta beaucoup, on refit le monde sans se rendre compte que c’était la profession qu’on effectuait chaque jour, et on prit diverses photos officielles, qui rempliraient les bibliothèques multimédia des sites parlementaires. Les journalistes furent invités en fin de soirée, à interroger en premier lieu le groupe parlementaire dans son entièreté, et en second lieu quelques députés choisit par les journalistes. Amian fut évidemment dans la liste.

La soirée se termina en compagnie de Li Wei, dans l’un des salons du Cosmopolitain, où l’on ressassa la journée, et où elle exposa la progression du groupe dans les villes, dont Nouvelle Séoul, et l’installation dans l’œil des gens de l’UDEA, ainsi que de la légitimation de sa place sur l’échiquier politique.
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MessageSujet: Re: [New Tokyo] - Palais de l'Aurore (Assemblée).   Lun 1 Aoû - 21:36

Un simple repas partagé entre personnes bien élevées peut parfois apporter beaucoup. Aussi Amian échangea longtemps avec Hu-San. Une personne qui lui parla de son amour de l’étranger, de sa chance d’être polyglotte bien plus que la moyenne. C’était une personne qu’on savait intelligente mais elle se révélait désormais comme passionnante. Et surtout, passionné par ces et ses découvertes. Il proposa d’ailleurs à Amian quelques contacts sur diverses planètes qui pourraient l’appuyer. Mais celui-ci n’en saisissait pas vraiment l’importance à ce moment. Si ce n’est peut-être quand il aurait des relations internationales pour son travail mais bon.

En tant qu’élu d’un des secteurs de Tokyo, il fut convié à un dîner offert par le maire de la ville, qui voulait faire passer un message sur l’évolution économique et sécuritaire de la cité. Bref, rien d’extrêmement passionnant, mais Nouvelle Tokyo étant liée par un partenariat à Nagoya II ce fut une nouvelle chance de pouvoir échanger avec Hu-San encore une fois.

Pour finir on célébra l’anniversaire de Yan Yin au Cosmopolitain, où une réunion informelle sur l’avenir international de l’UDEA serait évoquée. En effet Li Wei semblait persuadée qu’on pouvait, dès aujourd’hui utiliser les promesses du saint patron des Nagoyatiens.

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MessageSujet: Re: [New Tokyo] - Palais de l'Aurore (Assemblée).   Mer 3 Aoû - 20:19

Le dîner célébré par la mairie fut également l'occasion du dévoilement du projet retenu pour la reconstruction des zones dévastées lors de l'incendie d'avant les élections législatives. Le nouveau quartier, qui ressemblait fort à l'ancien, accueillait cependant de nouveaux jardins publics en terrasse et usait des toits pour placer quelques plaines de jeu. Plusieurs immeubles résidentiels communiquaient également entre eux par passerelles enjambant les rues, offrant des promenades aux particuliers et facilitant la communication avec les zones de loisir. Le métro avait reçu davantage de sorties de secours.

Enfin il circula quelques nouvelles de l'enquête en cours et l'on avait écarté l'origine criminelle. L'on se penchait plus sur l'accident et l'explosion de conduites sensibles soit par un défaut d'entretien (ce qui préparait un procès gigantesque en responsabilité intenté dans pareil cas par des assurances qui avaient déjà indemnisé les victimes) soit par un acte d'imprudence de quelques vandales zonant où il ne fallait pas. Mais cela n'était que pure hypothèse et ne se défendait réellement que par le nombre important d'interpellation de jeunes personnes et actifs d'âge moyen parfois mal en point occupés à consommer quelques drogues douces en tube. La dernière mode apparemment.

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MessageSujet: Re: [New Tokyo] - Palais de l'Aurore (Assemblée).   Sam 27 Aoû - 13:40

Projet de loi pour un Groupement d’Ingénieur Polyvalent (GIP).


Citation :
I. Introduction

Dans l’optique de l’augmentation de la compétitivité des productions industrielles d’Aunadar, et de l’assistance portée, à travers une solidarité entrepreneuriale envers les PME, la Commission Parlementaire à l’Industrie se voit l’honneur de proposer une Loi à l’Assemblée, sous le nom de loi « Gip »

II. Historique de la proposition

Proposée et défendue tout au long de sa maturation, par le Député Maire de Tokyo Sud – district Azur – Amian AE SASTER, la proposition GIP consiste à créer un pôle d’Ingénieur, au cœur d’un partenariat public privé (PPP).
L’idée de fond serait de disposer à volonté pour l’Etat d’un groupe d’Ingénieur extrêmement compétents, à mettre à disposition à des projets Publics ou Privés, selon l’intérêt de ces derniers pour la Nation et l’Etat.
En atout secondaire cette proposition permettrait d’anoblir un peu plus la profession d’Ingénieur dans l’œil de nos concitoyens, et de créer encore plus de postes dans ce secteur. Nous verrons par la suite en quoi cette idée peut matériellement assister l’ensemble des professions liés à l’Industrie.

III. Corps d’Idée

Le métier d’Ingénieur a cela comme défaut pour l’entrepreneur, et donc pour l’employé, de ne pas fonctionner à régime constant. Quand les projets sont en phase de croissance, énormément d’entre eux sont requis, mais à terme, l’entreprise évolue rarement avec la même nécessité d’heures travaillées par des cadres supérieurs industriels tels que les Ingénieurs.

Nous observons donc que certaines PME n’aboutissent pas dans leur projet car n’ayant pas la possibilité de financer les salaires d’une caste industrielle qui traditionnellement est très bien rémunérée – de par son utilité et sa longue formation –ou bien que des entreprises plus importantes sont plus longues à donner corps à leur projets, car ne possédant qu’un nombre restreint d’ingénieurs, mais présents tout le temps.
Nous constatons ainsi qu’il y a dans certains corps de métiers de la demande pour des Ingénieurs, et dans certains autres un trop-plein. Il est donc question dans la loi GIP, de créer un système de vase communiquant entre ces deux pôles, comment ?

IV. Mise en place

La commission insiste pour la mise en place d’un dispositif d’Ingénieurs d’Etat. En effet, certaines entreprises embaucheraient les ingénieurs leur étant nécessaire, on pense ici aux plus grands groupes, et, dans les moments où un certain nombre ne serait plus nécessaire, les « prêterait » à l’état. En échange de ça, l’Etat assurerait le financement des salaires de ces employés (Brut + Charges, mais pas de Taxes, étant donné qu’ils deviendraient dès lors des salariés du secteur public) en plus d’une indemnité à l’entreprise à hauteur de 10% du salaire de l’employé.
A ce moment, l’Etat disposerait de ce pôle d’ingénieur comme bon lui semble.
-Dans le cas où des entreprises plus petites et n’ayant structurellement pas la capacité de salarier un grand groupe d’ingénieur, l’Etat pourrait mettre à leur disposition une partie de ces cadres. A charge pour l’entreprise de compenser au moins partiellement aux frais induis. Surtout ceux de la formation nécessaire à la tâche requise.
-Dans le cas de TPME proposant un projet stratégique, l’Etat pourrait mettre gracieusement à disposition de l’entreprise le pôle d’ingénieur. Ce qui signifie que l’entreprise n’aurait pas d’indemnité à verser en échange du travail fournis.
-Dans le cas potentiel où il reste un certain nombre d’ingénieurs inemployés, à base de volontariat, certains seront envoyés dans l’enseignement en tant qu’intervenants pour proposer des projets aux étudiants en cycle industriels. L’autre possibilité sera de travailler dans les laboratoires d’Etat pour le Ministère de la Recherche, après avoir signé un contrat sur l’honneur.
- Dans le cas de partenaires étrangers (Mondes Mineurs) requérant notre assistance, contre indemnité – à discuter – ces groupes d’ingénieurs pourraient être mis à disposition, ce qui créerait un argument supplémentaire pour notre capacité à l’export.

V. Apports

En premier lieu, les entreprises n’auront plus la possibilité de créer du retard pour limiter leurs frais, étant donné que les Ingénieurs seront toujours disponible en nombre, en quantité comme en qualité et à temps. Cette épargne de retard permettra à tous les acteurs de l’achat d’économiser du temps, et donc de l’argent. Et améliorera de fait la compétitivité globale de notre industrie.
En second lieu, la profession d’Ingénieur connaîtra un surplus d’emploi, et la compétitivité s’améliorant, il est probable que les salaires aussi, et l’activité aussi, ce qui pourrait instaurer un secteur vertueux, et créer encore plus d’emploi dans le secteur.
En troisième lieu, les Laboratoires d’Etats disposeraient à volonté de personnels extrêmement qualifiés, et cette dynamique permettrait d’instaurer un peu de compétitivité industrielle dans un secteur peut être parfois trop bien installé dans l’intérêt public… Du moins en théorie.
En quatrième lieu, l’enseignement bénéficierait d’un flux constant d’idées nouvelles, à proposer à ces élèves. Il est en effet possible que sur l’indemnité versée aux entreprises mettant à disposition leurs employés, nous demandions une part qui soit reversée à l’Enseignement.


Quelques mots préparaient le lecteur au projet de loi, et divers autres signalait en bas de page et fin de projet quelles mesures seraient entreprises pour contrer les fraudeurs potentiels. On ne parlait pas non plus sans sous entendu, de la possibilité pour l’état d’enfin lancer volontairement un secteur de recherche, bien qu’il sous-tende plusieurs fois dans le projet de loi, qu’un lancement de la recherche fondamentale sur une prochaine génération de moteurs serait plus qu’adéquate. En faire plus aurait pu être pris pour une ingérence du pouvoir législatif, et n’était souhaitable pour personne. De plus, la loi GIP, bien que difficilement discutable sur le fond, avait pour majeur défaut d’être poussée par un élu de la majorité. S’il était acceptable d’accéder à des propositions d’adversaires politiques, il l’était moins d’entrer dans une logique de chantage, voire de rétorsion d’influence. Amian, comme les autres députés, mesura donc ses mots, et ne lança pas le moindre reproche direct à l’autorité de l’état.


Dernière édition par Amian Ae Saster le Mar 30 Aoû - 20:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [New Tokyo] - Palais de l'Aurore (Assemblée).   Mar 30 Aoû - 20:32

Mutsu Hirato, parlementaire ULD avait demandé la parole et l’obtint, car il avait des remarques à faire sur la proposition de loi déposée par Amian. Voici les propos qu’il tint devant l’Assemblée.

-Monsieur le président, messieurs les députés, merci de m’accorder votre attention.

La proposition de loi GIP, devenue projet en Commission a longtemps été débattue en cercle restreint et je ne doute point de la sagacité de ses membres. Il me semble néanmoins opportun de poser quelques questions à ses principaux penseurs.

À en croire le projet de loi, l’Etat serait dans l’obligation d’assumer les charges salariales profitant à l’entreprise et TPME comme grands groupes profiteraient de créations et de retombées économiques en terme de rente en matière de propriété intellectuelle. Ce que je souhaite pointer là est que l’Etat, en cherchant à instaurer une très louable flexi-sécurité dans le domaine de l’ingénierie, en revient en vérité à subventionner la recherche appliquée en plus de la recherche fondamentale qu’il subventionne déjà. Si l’idée peut paraître curieuse elle n’en n’est pas moins acceptable, notamment parce que l’Etat n’est pas à l’origine de l’initiative en matière de recherche, du moins dans le cas d’entreprises sollicitants l’aide des autorités dans la réalisation de projets préexistants. Ce qui me chiffonne est que l’Etat ne dispose pas de recettes fiscales pour assumer une telle politique jusqu’au bout, il ne dispose manifestement pas d’une telle assiette.

En effet, le projet prévoit une flexibilité à grande échelle dans le domaine de l’ingénierie. Les études en ingénierie sont aujourd’hui très pointues et des la troisième année, les orientations sont terriblement contraignantes en terme de domaine d’étude et de spécialisation. Il n’est pas possible de passer d’une case à l’autre avec tant de facilité. Ma question porte donc sur le champs d’application du projet de loi. Doit-il porter sur l’intégralité de la profession d’ingénieur ou plutôt des professions ou doit-il porter sur des professions relevant de l’ingénierie mais prises séparément ? Dans le premier cas l’Etat s’engagerait à rendre compétent des ingénieurs conjoncturellement -et non systématiquement - au chômage et donc à assumer les coûts des études les plus lourdes du monde avec celles de médecine pour toute une population, ce qui représente, vous en conviendrez, une somme exorbitante.

Afin de pérenniser un tel système, je suggère que l’Etat soit en mesure d’accéder à un partie du capital de chaque entreprise demandant l’aide du projet GIP, les dividendes servant de rémunération à une conception. Les fonds seraient, en vertu de la même loi, dirigés vers le financement de l’activité envisagée. Il conviendrait alors de mettre en place une agence indépendante, dont la direction serait nommée par cette assemblée à la majorité simple, afin de permettre une totale transparence. Les mandats de tels administrateurs seraient plus long que ceux des membres de cette assemblée. Enfin les directeurs de cette agence, chargée de la gestion de son budget et des ressources humaines en ingénierie, devraient présenter rapport à chaque fin de mandat, l’assemblée pourrait en outre requérir leur présence.

Une autre solution serait d’accroître la pression fiscale sur l’intégralité de la population, ce qui serait, à mon humble avis, abusif pour consolider des trous conjoncturels au sein d’une profession qui ne connaît que bien peu le chômage, surtout dans le domaine stratégique...

Enfin sur un point a priori moins important mais qui me semble fondamental, l’envoi d’ingénieurs aunadariotes au profit de mondes mineurs partenaires est-il à considérer comme sur un même pied que les autres situations envisagées ou devons-nous comprendre que les situations purement aunadariotes sont prioritaires ? La seconde interprétation me semble, il va sans dire, plus en accord avec l’économie générale de ce texte et peut plus aisément être associée aux desseins de la République...

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MessageSujet: Re: [New Tokyo] - Palais de l'Aurore (Assemblée).   Mar 30 Aoû - 22:36

Une Main Tendue




Sans se départir de son calme souverain, Amian prit la parole. Non pas qu’il est été prévu qu’il n’y aurait pas de contradictions, mais qu’éthiquement on attaquait jamais un projet de loi sans l’examiner, ce que ne s’était pas privé de faire l’ULD. La désapprobation flotta, silencieuse et mouchetée, mais les passes d’armes n’avaient jamais dérangé un quelconque réel député. Un peu comme l’entraineur d’un boxeur, monsieur Benta tapa discrètement sur l’épaule d’Amian qui montait à la tribune. Après tout, c’était son combat aussi. Et quel combat que la politique… Ce fut donc sous le regard insistant mais encourageant de la plupart de l’Assemblée.

Constatant que l’auditoire était tout ouï, il baissa légèrement la tête, constatant l’absence de note, et les mimiques de certaines têtes dans le bâtiment. Oui, des écrans étaient fixés sur les principaux députés, et permettaient à tout instant au président de l’Assemblée, de les interpeller. C’était un acquis qui datait de quelques problèmes dans le bâtiment administratif, et qui apprécié par la plupart des acteurs avait été conservée.


- Monsieur le député, croyez le bien, nous – je parle au nom de notre commission -, nous sommes totalement à votre service pour débattre de cette proposition. Aussi, je passerais sur les points où nous sommes en accord.
La constitution d’une agence indépendante de surveillance des entreprises ? Avec plaisir, elle pourrait être constituée de divers élus et représentants et viserait à ce que certains conglomérats ne profitent pas de la mesure pour s’épargner les financements de cette profession plus que clef.
Ensuite, pour les étrangers, ceci n’est qu’une proposition en périphérie, sous forme d’ouverture, et n’est pas à mettre sur le même plan que le reste de notre proposition.





Passé ce tour de chauffe plein de consensus, on senti un frémissement dans la salle. C’était courant, la plupart des élus adoraient sentir l’odeur du sang, et la plupart des élus étaient au courant qu’on avait là deux roquets se faisant face. Alors d’une posture indignée, on passa à une posture de spectateurs. Quelques paris s’échangeaient déjà. Amian, comme à son habitude baissa le regard, puis se détendit, et fixa son contradicteur.



- Maintenant… Maintenant, quant au financement, nous allons soulever un tabou habituel. Nous sommes bien au courant que l’état est toujours traumatisé par cette guerre qui nous a mis face à Vands, et à menacer jusqu’à notre existence culturelle. Et que de fait, l’état profite de nos marges bénéficiaires dans de nombreux domaines, et met sous clef la plupart de l’Argent qu’Aunadar gagne, augmentant très légèrement les budgets. Aussi, nous ne pensons pas qu’il faille augmenter l’impôt, par contre, nous estimerions judicieux que l’état débloque des fonds – un réel investissement au fond – limités pour lancer la boule. Après… L’apport permettra plus que probablement des succès à l’export, et il est légitime de demander aux entreprises de financer. Je rappelle cependant pour la forme qu’en dehors des Ingénieurs qui serviront l’état (R&D fondamentale, enseignement) ou les TPME, ce sont les groupes qui paieront ces employés. On parle d’une somme d’une ou deux dizaine de millions de crédits, guère plus, vous conviendrez que ce n’est rien d’impossible.
Pour le financement, nous pensions en effet demander ensuite, aux entreprises membres du club « GIP » d’assister les groupes les plus faibles, ou plutôt, aux TPME ensuite de nous rembourser quand elles en auront les moyens. Ce qui sera de toute façon le cas à travers les impôts et diverses taxes concernant l’export.




Laissant le silence se faire, et les greffiers taper ses mots, Amian regarda l’auditoire, et attendit un peu que les élus aient digérés son propos. Consultant les écrans il s’aperçu que la plupart des députés connus étaient impassibles. Ce qui ne le surprit pas, on ne devenait pas député en étant impulsif. Enfin, il estima qu’il était temps de continuer son propos.





- Vous abordez ensuite une notion intéressante, pour les ingénieurs qui ne sont pas, ou modestement spécialisés. Et c’est là justement que vous me permettez de rebondir sur votre propos. J’ai personnellement suivi un cursus d’ingénieur, contrairement à la plupart des intervenants potentiels de cette salle… Aussi, j’aimerai préciser la vision de notre proposition. Il existe dans tous les bureaux d’études trois rangs.
Le premier est celui qu’on appelle « la Racine », c’est celui qui ne concerne que quelques individus, extrêmement compétents dans un domaine limité, et tout à fait complémentaire entre eux. Ce sont souvent les historiques d’une entreprise. Ils sont la source de la plupart des projets, et ne se déplacent que peu. Dans la majorité des cas, ils ne sont pas concernés par le GIP.
Le deuxième, est celui qu’on appelle « Le Tronc », c’est un corps d’ingénieur tout à fait nombreux. Son rôle n’est pas de créer l’idée, mais d’y apporter des solutions, des améliorations et divers autres amendements. Ils sont le réels corps du projet... Et c’est généralement sur eux que les entreprises tapent pour limiter leur masse salariale, et qui sont le plus concernés par le propos. Ces ingénieurs sont très polyvalents, et plus limité dans les domaines clef. Souvent ils évoluent d’une entreprise à l’autre, sans réel lien entre elles, et ont une formation d’ingénieur général. En quelques semaines on peut les former pour aider le tronc d’un autre projet… D’un autre secteur. Ce sont eux qui sont concernés par le projet, ils représentent environ quatre-vingt pour cent de la profession.
Enfin, « les Feuilles », ce sont les gens que l’on pourrait considérer comme les consommables, rarement ingénieurs, ou alors à peine sorti d’une école peu côté, ils ont pour rôle d’apporter de la matière, d’arrondir les angles, sont souvent stagiaires et coutent très peu du point de vu salarial. S’ils sont à terme une grande partie du Tronc, ils ne le sont pas effectivement pour le moment.

Je me permets à travers cette analyse, qui je l’espère ne vous aura pas trop effrayée, d’écarter votre objection qui était bien vue, mais sans réel objet au fond, car les ingénieurs dont nous parlons n’ont pas réellement à comprendre le fonctionnement profond de tel système pour coopérer et apporter de l’eau au moulin du projet. Je vous remercie encore sincèrement d’avoir soulevé ce point, car si l’explication est longue et fastidieuse, je pense que beaucoup de députés ignoraient cet état de fait.



Amian était relativement satisfait, la plupart des contradictions avaient trouvées une réponse constructives, hormis pour les points de détail, mais qui n’intéressaient pas vraiment les députés, et sur lesquels on aurait pu débattre des heures. Il se demandait si les députés croyaient profondément en la ré industrialisation d’Aunadar, où s’ils s’étaient tous vendus au saint « Spéculation » ou « Entreprise de services »… Et s’ils étaient intéressés par ces milieux peu littéraires. Mais il savait son projet honnête et dans l’intérêt d’un état qui avait besoin de débouchés pour ses générations montantes, de débouchés surs, et pas sujets à certaines choses plus qu’abstraites.


Le Glaive Dans l'Autre
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